Épigénétique : des traumatismes se transmettent entre les générations ?

Publié le : 27 octobre 2020

Selon une étude publiée dans la revue The Embo Journal par des scientifiques de l’université de Zurich en Suisse, les traumatismes de la petite enfance auraient « une influence à vie sur la composition sanguine ». Des changements qui sont « transmis à la génération suivante ».

Pour Isabelle Mansuy, professeure de neuroépigénétique à l’Institut de recherche sur le Cerveau de l’Université de Zurich, et co-auteure de l’étude, « les traumatismes précoces influencent à la fois la santé mentale et physique à l’âge adulte et à travers les générations, ce qui peut être observé au niveau des facteurs comme le métabolisme des lipides et les niveaux de glucose ».

Lors d’une première expérience sur des souris, « des différences importantes et significatives ont été observées entre le sang d’animaux traumatisés et le sang d’un groupe témoin n’ayant pas subi de traumatisme au début de sa vie ». Les chercheurs ont noté que « certains métabolites d’acides gras polyinsaturés étaient présents à des concentrations plus élevées dans le sang des souris mâles traumatisées par rapport aux souris témoins ». Les petits de souris non traumatisées auxquelles le sérum de souris mâles traumatisées a été injecté, ont « développé des symptômes métaboliques de traumatisme ». L’étude conclut que « les facteurs circulant dans le sang délivrent des signaux de stress aux gamètes, en l’occurrence ici les spermatozoïdes ».

L’étude s’est poursuivie dans un village « SOS » du Pakistan où la salive de 25 enfants ayant perdu leur père et séparés de leur mère a été analysée. A l’instar des souris, plusieurs de leurs métabolites lipidiques avaient un niveau plus élevé.

 

Source : Parents (26/10/2020)

Partager cet article

Synthèse de presse

Chronique audio

Textes officiels

ressources

Fiches pratiques

Bibliographies

S'abonner aux lettres