Epiderme à partir de cellules souches embryonnaires humaines

Publié le : 23 novembre 2009

Une équipe de chercheurs français, dirigée par Marc Peschanski et Christine Baldeschi (Inserm/UEVEU U861, I-Stem, AFM, Evry), a publié samedi 21 novembre 2009 dans The Lancet, les résultats de travaux ayant abouti à la génération d’un épiderme complet en faisant se développer des cellules souches embryonnaires humaines dans un milieu approprié. Il s’agirait de disposer d’épiderme humain en grande quantité pour soigner les grands brûlés dont l’étendue et la profondeur des lésions mettent en jeu le pronostic vital.

Aujourd’hui, on réalise les greffes des grands brûlés à partir de la culture de cellules de peau du patient lui-même. L’obtention des tissus de peau nécessite environ 23 jours. Pendant ce temps, il faut un "pansement" temporaire qui empêche les risques infectieux et la déshydratation de l’organisme. On n’avait à présent à disposition que la peau saine restante des brûlés, dont la surface n’était pas toujours suffisante à panser les blessures. Les peaux animales et de cadavre sont immanquablement rejetées. Des recherches ont déjà abouti à la mise au point de substituts cutanés, mais sans réussir à éviter le risque de rejet immunitaire.

L’épiderme obtenu par la mise en culture des cellules souches embryonnaires n’exprime pas les antigènes reconnus comme étrangers par le corps. Pour l’obtenir, les chercheurs ont mis en culture les cellules souches embryonnaires humaines pendant 40 jours en les mêlant à des cellules nourricières. Celles-ci leur envoient des signaux chimiques spécifiques pour les encourager à se différencier en kératinocytes adultes,  cellules qui opèrent la synthèse de la kératine, protéine fibreuse et insoluble dans l’eau qui imperméabilise la peau et lui permet d’assurer la protection de l’organisme vis-à-vis de l’extérieur. Cette culture combinée a permis d’obtenir un épiderme complet, constitué de multiples couches de kératinocytes. Ce tissu organisé et vivant pourrait être produit en grande quantité et congelé. Des greffes ont été réalisées chez des souris. Au bout de 12 semaines, elles présentaient des surfaces de peau qui présentaient toutes les similitudes existant avec une peau humaine mature. "On a attendu trois mois et la peau humaine s’est renouvelée trois fois, puisqu’elle se renouvelle tous les mois complètement. On a fait de la peau humaine", a indiqué le Pr Marc Peschanski.

En 2006, une équipe autrichienne avait déjà réussi à  faire des greffes de peau à partir de cellules de peau de foetus humains.

Si l’application à l’homme est visée, elle n’est pas encore au point. Une autre perspective pourrait être l’utilisation de cette peau pour des greffes permanentes chez les personnes diabétiques ou pour lesquelles des autogreffes ne peuvent être réalisées. Les chercheurs espèrent également pouvoir produire des kératinocytes à partir de cellules pluripotentes induites adultes (iPS).

Le Quotidien du médecin (Béatrice Vuaille) 20/11/09 - Le Monde (Paul Benkimoun) 20/11/09 - Slate.fr (Jean-Yves Nau) 20/11/09 - Le Figaro (Jean-Michel Bader) 21/11/09 - Le Point.fr (Anne Jeanblanc) 20/11/09 - Yahoo ! Actualités 20/11/09

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