Enquête sur la fin de vie en maison de retraite

Publié le : 11 septembre 2013

Une enquête sur « la réalité de la fin de vie en maison de retraite » a été rendue publique ce mercredi 11 septembre 2013 par l’Observatoire national de la fin de vie. Pour Lucas Morin, coordonnateur de l’observatoire, « la situation reste très inégale. » « Dans certains endroits on constate un effort pour accompagner au mieux les personnes en fin de vie. Pour d’autres, c’est moins le cas.« 

 

Chaque année, plus de 90 000 personnes âgées achèvent leur existence dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). « Un Ehpad est un substitut du domicile. C’est l’endroit où la personne a passé les derniers mois et où elle veut finir sa vie« , explique Denis Soriano, gériatre et médecin-coordonnateur de deux Ehpad à Nice. Pourtant, dans un quart des cas, le décès des résidents a lieu à l’hôpital. Or, « il arrive encore que certains pensionnaires [y] soient envoyés un peu dans la panique et sans que rien n’ait été préparé. Résultat, ils meurent le plus souvent aux urgences dans des conditions parfois loin d’être idéales « , souligne Odile Reynaud-Levy, gériatre aux hôpitaux de Marseille et médecin-coordonnateur dans un Ehpad. Pour l’Observatoire national de la fin de vie, « cette réalité n’est pas une fatalité : on note que lorsque les établissements disposent d’une infirmière la nuit, le nombre de ces hospitalisations en urgence baisse d’un tiers. » Or, selon l’étude, « seules 14% des maisons de retraite disposent de personnel infirmier la nuit. » Au ministère de la santé, on se dit conscient du problème. « Des expérimentations sont en cours pour mutualiser des infirmières, la nuit, entre des établissements proches. C’est une piste à explorer« , indique-t-on dans l’entourage de Michèle Delaunay.
Par ailleurs, « l’étude pointe des manques criants » s’agissant des soins palliatifs et de la formation du personnel. Elle note notamment qu’un « médecin coordonnateur sur cinq n’a aucune formation à l’accompagnement sur la fin de vie. » 23% des résidents se trouvaient ainsi dans « un réel inconfort physique » au cours de leur dernière semaine de vie, et « 7% [avaient] des douleurs très intenses dans les vingt-quatre heures avant leur décès. » 
En France, le « débat sur la fin de vie reste en attente« . A l’heure actuelle, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) n’est en effet pas en mesure de lancer les états généraux relatifs à cette question, étant en attente du décret de nomination pour « la moitié de ses membres » dont le mandat s’est achevé en juin dernier.

<p> La Croix (Pierre Bienvault) 11/09/2013 - La Croix (Marine Lamoureux) 11/09/2013 - Libération (Eric Favereau) 11/09/2013</p>

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