#EndTheTelethon : le débat s’exporte en France

Publié le : 23 novembre 2020

Alors que la 34ème collecte du Téléthon doit avoir lieu le weekend prochain en France, l’évènement divise : en témoigne la multiplication des tweets #EndTheTelethon, calqué sur la polémique américaine. Aux Etats-Unis, le retour du Téléthon s’est tenu fin octobre après six années d’absence, mais « cette exposition médiatique fait plus de mal que de bien aux personnes en situation de handicap »  estiment ses « détracteurs », souvent des « enfants posters », mis en avant par l’évènement. Mike Ervin est l’un d’entre eux, et dénonce un « festival de la pitié ».

En France, divers collectifs s’accordent à penser que « l’événement n’aide pas la cause des personnes en situation de handicap ». Lény Marques, porte-parole du Collectif luttes et handicaps pour l’égalité et l’émancipation explique qu’ « aux États-Unis et en Angleterre, ça fait quarante ans que la vision validiste, c’est-à-dire le fait que les valides soient la norme de nos sociétés, pose problème. Et le Téléthon, c’est un rouage de plus dans la machine validiste ». Ce qu’il reproche au Téléthon, « c’est de créer en trois jours une image délétère pour le reste de l’année. Il n’y a aucune représentation des personnes handicapées à la télévision, donc c’est pratiquement le seul moment où nous sommes médiatisées ». Pour Odile Maurin de Handi-Social, association d’entraide et de défense des droits des personnes en situation de handicap ou de maladies invalidantes, « on montre beaucoup de jeunes très mignons et pas trop les vieux baveux ». Mais en même temps, « le Téléthon explique sans arrêt que nos vies sont horribles sans dénoncer les retards et reculs sur l’accessibilité et le manque de moyens de compensation des handicaps. On refuse ce misérabilisme qui nous assimile à des objets de soins et de charité, alors que l’ONU dit que nous devons être des sujets de droit. Plutôt que miser sur une hypothétique guérison ou un retour à la norme, adaptons la société à tous dans le respect de l’égale dignité des êtres humains ». Elle considère également que « l’AFM [Téléthon] donne bonne conscience aux donateurs au détriment de la nécessaire critique de nos conditions de vie ».

Autre reproche fait par les deux associations : ces collectes éviteraient au gouvernement de s’engager dans le domaine du handicap, notamment sur ses problématiques sociales. « Agir en faveur des handicapés, ça doit relever de la solidarité nationale et d’une véritable politique publique, pas de la charité ! » juge Odile Maurin.

NDLR :

Source : Slate, Vincent Bresson (23/11/2020)

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