En France, douze malades soignés grâce à une greffe de trachée artificielle

Publié le : 22 mai 2018

Le Professeur Emmanuel Martinod, chef du service de chirurgie thoracique et vasculaire de l’hôpital universitaire Avicenne-AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris), vient de présenter une nouvelle technique de greffe. Cette technique, présentée au Congrès International de l’American Thoracic Society à San Diego (États-Unis), a permis de guérir des patients qui vivaient avec une trachéotomie.

 

Les patients greffés souffraient de lésions profondes et complexes de l’arbre respiratoire, et certains n’avaient aucune perspective de guérison.

 

Le chirurgien et son équipe ont implanté, entre 2009 et 2017, des greffons artificiels obtenus à partir de tissus aortiques prélevés sur des donneurs décédés, et cryogénisées, c’est-à-dire, conservées à -80°C. Leur tissu a été greffé, en plus d’un stent (tuteur vasculaire), à la place d’une trachée préalablement retirée. Aucune immuno-suppression n’a été utilisée.

 

Il n’y a eu aucune complication grave liée au greffon ou au stent. Ce dernier a pu être enlevé chez la plupart des malades après 18,2 mois en moyenne. L’organe artificiel s’est progressivement transformé en une structure fonctionnelle proche de la trachée et des bronches : l’épithélium, la couche cellulaire superficielle, s’est complètement reconstitué à partir de la trachée adjacente. De nouveaux cartilages se sont formés au niveau de celle-ci, ce qui a permis le maintien de la fonction des voies aériennes après ablation du stent. Des cellules de la matrice aortique, mais surtout des cellules souches des patients, ont donc induit la reconstruction d’un véritable organe artificiel très proche de celui d’origine.

 

« On est allé de surprise en surprise », explique le professeur Martinod : « la plus grosse surprise : (…) c’est quand l’aorte s’est transformée en trachée », se mettant d’elle-même à assurer les fonctions respiratoires.

 

Avec un suivi maximal de sept ans et un mois, la grande majorité des patients respire aujourd’hui à l’aide du greffon transformé.

<p> AFP, Hugues Honoré (20/05/2018), AP-HP (20/05/2018)</p>

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