En Chine, quatre médecins arrêtés pour trafic d’organes

Publié le : 30 novembre 2020

Un réseau de six hommes dont quatre médecins a été arrêté par les autorités chinoises pour vente illégale d’organes humains. Ce trafic ciblait les victimes d’accidents de la route ou d’hémorragies cérébrales. Lorsque les familles acceptaient le don d’organes, « ces trafiquants d’organes [faisaient] croire aux familles des défunts qu’elles faisaient des dons d’organes officiels ». En réalité, le Dr Yang Suxun, chef de l’unité de soins intensifs de l’hôpital populaire du comté de Huaiyuan, falsifiait les formulaires, les signatures et les dossiers médicaux. « La personne était ensuite transportée hors de l’hôpital au milieu de la nuit et placée dans un fourgon ressemblant à une ambulance où les médecins prélevaient les organes. Les organes étaient ensuite vendus à des particuliers ou à d’autres hôpitaux que les membres du réseau de trafiquants contactaient secrètement ». Onze prélèvements illégaux ont ainsi été réalisés en 2017 et 2018.

C’est le fils d’une victime qui a dénoncé ce « marché noir ». Quelques mois après le décès de sa mère, il a voulu consulter les documents relatifs au don de ses organes. Il a constaté « plusieurs anomalies, notamment des sections vierges dans les formulaires ». Il a ensuite découvert qu’il n’y avait aucune trace du don de sa mère au Centre administratif chinois des dons d’organes de Pékin. Lorsqu’il a posé des questions, on lui a immédiatement proposé 200 000 yuans[1] en « subventions gouvernementales » pour « garder le secret de sa mère ». Sûr qu’il se passait « quelque chose de très étrange », il a alerté la police.

Six personnes ont été inculpées en juillet dernier, pour le crime de « destruction délibérée de cadavres ». Il s’agit de quatre médecins, un ambulancier et un homme d’affaires. Ils ont été condamnés à des peines de prison allant de 10 à 28 mois.

Le don d’organes est un « sujet sensible » en Chine. Il y a cinq ans, le gouvernement a officiellement mis fin aux prélèvements sur les condamnés à mort, pour passer à un système de dons volontaires. Le pays est régulièrement accusé de continuer ces pratiques malgré tout, et il semblerait qu’un lucratif marché noir d’organes se développe eu égard au petit nombre de dons publics.

 

[1] Environ 25.400 €.

Sources : BBC (29/11/2020) ; BioEdge, Michael Cook (29/11/2020)

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