En Australie, 10 fois plus de suicides assistés que prévu dans l’État de Victoria

Publié le : 1 septembre 2020

En Australie, depuis l’introduction des lois sur le suicide assisté dans l’État de Victoria en juin 2019 (cf. Australie : l’état de Victoria légalise le suicide assisté et La loi sur le suicide assisté entre en vigueur en Victoria ), 231 autorisations ont été délivrées. C’est ce que révèle le nouveau rapport du Voluntary Assisted Dying Review Board.

Les substances létales approuvées par le gouvernement de l’État ont été utilisées pour mettre fin à la vie de 124 Victoriens en phase terminale au cours des 12 mois, « dépassant de loin les estimations initiales de 12 personnes seulement au cours de la première année ».

Plus de 100 personnes ont ingéré elles-mêmes la dose mortelle. Pour 20 autres, trop malades, c’est le médecin qui a administré la dose par intraveineuse. Dans 134 cas, soit les demandes ont été suspendues par un médecin, soit la personne est décédée avant d’avoir obtenu l’autorisation de mourir. Les demandeurs avaient entre 32 et 100 ans, avec une moyenne d’âge de 71 ans.

D’après le rapport, la perte d’autonomie est la première des raisons invoquées avec la perte de joie, la perte de contrôle des fonctions corporelles et la perte de dignité. Parmi les personnes décédées, majoritairement des hommes (55%), 78 % étaient atteintes d’un cancer en phase terminale, 15 % souffraient d’une maladie neurodégénérative telle qu’une maladie des motoneurones et 7 % avaient d’autres maladies incurables, notamment une fibrose pulmonaire, une cardiomyopathie ou une maladie pulmonaire obstructive chronique.

Le rapport intervient alors que le Voluntary Assisted Dying Review Board vient de demander l’abolition d’une loi qui exige des consultations en face à face pour les personnes en demande d’euthanasie. L’organisation souhaite que ces consultations aient lieu par téléphone ou visioconférence.

A ce jour, les lois sur l’euthanasie permettent à des adultes en phase terminale qui n’ont plus qu’environ six mois à vivre – ou pas plus de 12 mois dans le cas d’un diagnostic neurodégénératif – et qui répondent à d’autres critères d’éligibilité stricts tels que la possibilité de donner un consentement éclairé, d’accéder au suicide assisté.

 

Source : Sydney Morning Herald, Melissa Cunningham (01/09/2020)

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