Du dépistage de la trisomie 21

Publié le : 26 février 2009

Le magazine La Vie consacre un article à la question du dépistage prénatal (DPN). Il rappelle que selon une étude de l’Inserm publiée en janvier dernier (Cf. Synthèse de presse du 08/01/09), "la plupart des femmes ne sont pas conscientes des implications possibles du dépistage de la trisomie 21 ou ne les comprennent pas". Pourtant prochainement, un arrêté devrait généraliser le dépistage de la trisomie 21 dès le premier trimestre de la grossesse avec l’examen de deux nouveaux marqueurs.

Rappelons que la France a le taux d’interruption médicale de grossesse (IMG) le plus élevé d’Europe après un diagnostic positif : 96% des enfants trisomiques 21 dépistés sont avortés.

Le Pr Yves Ville, l’un des auteurs de l’étude de l’Inserm, estime qu’aujourd’hui les gynécologues n’ont pas le temps ni les moyens d’expliquer les enjeux du dépistage (Cf. Synthèse du 09/01/09 et du 18/02/09). C’est pourquoi il a ouvert en septembre "un centre pilote de gestion des risques maternels et fœtaux", rattaché à l’hôpital Necker, à Paris.  Une sage-femme ou un médecin informe la femme enceinte, qui peut faire le même jour la prise de sang et l’échographie, dont les résultats lui sont donnés aussitôt. "La femme peut décider en dehors de toute pression sociale", explique le médecin.

Pour le pédiatre Bruno Jeandidier, ce centre "est une mauvaise réponse à une vraie question". Il estime que dans ces circonstances il faut prendre le temps de discuter en couple, avec des personnes de confiance, avec la famille, les amis ou le médecin traitant.

Déjà en 2007, le professeur Didier Sicard, ancien président du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) avait dénoncé "une politique de santé qui flirte de plus en plus avec l’eugénisme. La vérité centrale est que l’essentiel de l’activité de dépistage vise à la suppression et non au traitement". Le Conseil d’Etat doit d’ailleurs prochainement remettre un rapport sur les méthodes de dépistage pour déterminer "si les dispositions encadrant ces pratiques garantissent […] une application effective du principe prohibant toute pratique eugénique".

Le magazine La Vie rappelle que Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, vient de publier un livre : "La trisomie 21 est une tragédie grecque", (cf. Synthèse de presse du 17/02/09) dans lequel il demande à l’Etat de dépenser autant pour la recherche sur la trisomie que pour le dépistage. 100 millions d’euros sont consacrés chaque année au dépistage et il n’existe aucune politique publique de recherche de traitement.

La Vie (Claire Legros) 26/02/09

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