Droit aux origines : née sous X, « je suis une île à la dérive au milieu d’un océan »

Publié le : 19 janvier 2018

Née sous X, Sylvie Boulloud « témoigne de la détresse que vivent au quotidien les personnes privées de leurs origines dès leur conception ». Ne connaissant ni son père, ni sa mère biologique, Sylvie dit ne pas savoir « d’où elle vient ni l’histoire de ses ancêtres ». Si « être né quelque part, c’est un lien d’appartenance ancré dans un temps et un territoire », elle regrette de ne se sentir « aucune appartenance, aucun attachement », si ce n’est envers ses enfants et que ses devoirs se limitent « à ceux de la justice et de la morale ».

 

Alors que les états généraux de la bioéthique s’ouvrent, elle s’interroge sur le sort des enfants nés par don de gamètes, a fortiori si la « PMA pour toutes » venait à être légaliser. Dans tous les cas, et quel que soit le « schéma familial », « ces enfants nés pas don anonyme resteront ignorant de leur ascendance ».

 

Elle s’inquiète du silence imposé « par des adultes et un Etat qui parlent et décident à leur place », contraignant ces personnes à « oublier » et être des « mineurs à vie », « ce qui est bien pratique pour déclarer publiquement que ces enfants se portent bien ».

 

Elle regrette que les membres du CCNE « se proposent de modeler la famille à venir de tout un pays sur la demande d’un petit groupe de lobbies ». Or « dans leur désir de corriger des déséquilibres, ces experts en produisent à foison ». Elle déplore que « cette loi bénéficie aux seules femmes, déniant tout désir d’enfant chez les hommes réduits à la fonction de producteur de sperme », en calibrant l’amour et l’enfant comme « un droit » pour choisir « l’ovule, le spermatozoïde, le sexe, la couleur des yeux et le jour de naissance ».

 

Elle dénonce une culture « contre la nature » qui « cache une industrie » technicisant « ce que la nature fait naturellement, sous couvert de progrès et de modernité ». A ces femmes célibataires ou lesbiennes qui souhaitent avoir un enfant, elle suggère : « Renoncer, c’est aussi choisir un autre chemin, un autre devenir. C’est réfléchir aux conséquences de ses désirs quand ils sont impossibles ». Au moins, invite-t-elle à « ouvrir aux enfants nés par FIV ou adoptés l’accès à leurs origines biologiques, au nom de ce principe tant évoqué de « l’égalité pour tous » ».

<p>Le Figaro, Sylvie Boulloud (18/01/2018)</p>

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