DPNI : l’eugénisme démocratique

Publié le : 30 avril 2013

Le nouveau test de diagnostic prénatal non invasif de la trisomie 21 (DPNI) continue à faire parler de lui (synthèse de presse quotidienne du 25 avril 2013). Jean-Yves Nau revient sur l’avis du CCNE dans un article publié sur slate.fr, n’hésitant pas annoncer  « l’arrivée d’un monde à la ‘Bienvenue à Gatacca‘ », et à alerter sur « un risque d’eugénisme démocratique« .

 

Un nouveau test sur le sang maternel, qui s’il est proposé à toutes les femmes enceintes « conduirait à diagnostiquer tous les foetus atteints de trisomie 21, soit 2 400 » lit-on dans Libération, et pour un coût de l’ordre d’un milliard d’euros. Coût qui s’abaissera rapidement lorsque le test sera proposé largement et remboursé par la solidarité nationale précise Jean-Yves Nau.
L’avis du CCNE fait donc rentrer dans de sombres calculs pour montrer que le DPNI sera plus efficace et plus fiable dans la traque des foetus porteurs de la trisomie 21. Ce n’est autre qu’une « validation de la modernisation de l’éradication des trisomiques » s’insurge la Fondation Lejeune.

 

Au contraire, le CCNE « semble refuser » l’analyse éthique des « vertigineuses possibilités techniques du dépistage et les dérives eugénistes qui leur sont associées » dénonce Jean-Yves Nau. Le CCNE s’est abaissé devant un fait accompli, explique-t-il. Comme cela fait plusieurs années que des « tests prénataux de sélection génétique » sont utilisés, la question « ne serait plus tant celle de savoir si leur usage est ou non éthique: elle se réduirait à tenter de préciser, face aux progrès techniques et aux pressions du marché, quelles pourraient être les moins mauvaises modalités de leur utilisation« . 
Cet avis n°120 est un étape irréversible qui donnera accès quasi systématiquement à court terme au génome foetal.
Et puis, le CCNE s’inquiète de la possibilité d’accéder au séquençage entier du génome foetal qui permettra de détecter un nombre important de pathologies, voir même de simples prédispositions. Mais Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Lejeune, réagit : « Pourquoi s’inquiéter de dérives demain pour certaines pathologies et ne pas préconiser l’arrêt du dépistage pour la trisomie 21 dès aujourd’hui? »

 

Il faut rappeler que les hautes autorités sanitaires françaises n’ont pas encore « approuvé » le DPNI, et que deux protocoles officiels d’évaluation sont en cours à Necker, et à Antoine-Béclère à Clamart.
 

 

NB : Gènéthique indique à ses lecteurs que, contrairement à ce qui est avancé dans la chronique santé de libération, en France le nombre de fœtus atteints de trisomie 21 s’approche de 1 200 et non de 2 400 (la prévalence de la trisomie 21 étant de 1/700, et le nombre de femmes enceintes s’élevant à 820 000 par an).

 

 

 

<p>slate.fr (Jean-Yves Nau) 29/04/2013 - Libération (Eric Favereau) 30/04/2013 - Pèlerin (Marie-Christine Vidal) 2/05/2013</p>

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