DPNI, IVG: retour sur les journées nationales du CNGOF

Publié le : 16 décembre 2013

 

 Les Journées nationales du CNGOF (Collège national des gynécologues et obstétriciens français), qui se sont déroulées du 11 au 13 décembre 2013, ont consacré une part importante au diagnostic prénatal de la trisomie 21 ainsi qu’à l’interruption volontaire de grossesse. En témoignent « les conférences exceptionnelles », nouveautés de ces 37èmes journées, menées par Jean-François Mattéi, ancien ministre de la santé, sur les « défis éthiques du gynécologue obstétricien« , et Najat Vallaud Belkacem, ministre du droit des femmes, sur l’avortement et la contraception.

 

Lors de la table ronde consacrée au DPNI (Cf Synthèses de presse Gènéthique du 29/08/201228/09/201219/11/2012), le mercredi 11 décembre,  aucun intervenant n’a fait part d’une quelconque difficulté éthique quant à son utilisation. Seule la question de sa généralisation fait l’objet d’un débat. Le CNGOF associé à d’autres experts français(1) se dit favorable à l’utilisation de ce test pour les seules femmes à risque « faute de données suffisantes sur sa fiabilité et son intérêt en population générale » (Cf synthèse de presse Gènéthique du 29 janvier 2013). En effet, « le test n’est pas interprétable dans 2 à 5% des cas« , par conséquent, « dans la population générale, où le risque de la trisomie 21 est faible, le stress provoqué par un test non interprétable ou faussement positif et entraînant la pratique d’une amniocentèse inutile ne doit pas être négligé« . 

 

Pourtant le questionnement éthique au sujet du DPNI de la trisomie 21 est l’un des quatre « défis éthiques » lancés par Jean-François Mattéi, vendredi 13 décembre. Il dénonce sans détour les techniques de plus en plus puissantes développées depuis 30 ans qui nous font basculer dans de l’eugénisme. Il voit dans le DPNI une nouvelle forme d’eugénisme au « visage médical » et « emprunt de compassion« . Ce « dépistage est destiné à l’élimination d’enfant non conforme« , affirme-t-il « les médecins ne peuvent se prêter à cela« . Mais, il ne voit pas de parade miracle au DPNI et à la mentalité eugénique actuelle, si ce n’est « éveiller les consciences« , « faire valoir sa clause de conscience« , et concentrer nos efforts sur la recherche des maladies génétiques (son 4ème défi éthique).   

 

Si le professeur Mattéi a été le seul lors des journées du CNGOF a dénoncer le dispositif eugénique du dépistage de la trisomie 21, il n’est en réalité pas le seul. Le Dr Patrick Leblanc, gynécologue obstétricien et coordinateur du Comité pour sauver la médecine prénatale, alerte, au nom d’un millier de professionnels de la grossesse, sur « l’élimination de masse des enfants trisomiques avant leur naissance« . (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 13 décembre 2013). 

 

Enfin, Najat Vallaud Belkacem a rappelé que le gouvernement travaillait à garantir « le droit à l’avortement » (notamment par le remboursement, l’information publique, ou encore l’extension du délit d’entrave aux informations dissuasives)  et à rendre accessible la contraception anonyme et gratuite aux mineurs de moins de 15 ans. A la suite de son intervention, la ministre qui remerciait les gynécologues d’être les acteurs garantissant le droit à l’IVG, s’est vue assurée par Bernard Hedon, président du CNGOF, que les gynécologues étaient aussi ses « alliés« . 

 

(1) Collège Français d’Echographie Fœtale ( CFEF ), Association des Biologistes Agréés pour le Dosage des Marqueurs Sériques Maternels (ABA),Conférence Nationale d’Echographie Fœtale ( CNEOF)

<p> Lefigaro.fr (Marie-Noëlle Delaby) 13/12/2013 - Gènéthique - le quotidien du médecine</p>

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