DPI : Pr Jacques Milliez contre l’avis du CCNE

Publié le : 23 juillet 2002

Le professeur Jacques Milliez, chef du service de gynécologie obstétrique de l’hôpital Saint-Antoine à Paris et membre du Comité d’éthique de la Fédération internationale de gynécologie obstétrique, explique pourquoi il ne partage pas l’avis du CCNE sur l’extension du DPI à la création de « bébés-médicaments ».

Pour Jacques Milliez, les conclusions de cet avis lui « paraissent floues » et semblent « avoir omis d’explorer toutes les conséquences de l’extension du diagnostic préimplantatoire« . Car en ouvrant la possibilité de repérer parmi les embryons issus d’une fécondation in vitro ceux dont les groupes tissulaires sont compatibles avec ceux d’un(e) aîné(e), « on procède à un tri qui, pour moi, ouvre la voie à une dérive eugénique » commente Jacques Milliez.

Le professeur souligne que dans la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades, il est stipulé que « nul ne peut faire l’objet de discriminations en raison de ses caractéristiques génétiques ». « nul » concerne-t-il l’embryon ?

Aux Etats-Unis et en Grande Bretagne, où le DPI étendu aux « bébés- médicaments » est autorisé, Jacques Milliez rappelle qu’au début du XXème siècle, c’est en Californie qu’ont eu lieu les premières pratiques eugénistes : « on y procédait à la stérilisation des « incapables ». Aujourd’hui, aux États-Unis comme au Canada, on autorise la sélection des embryons en fonction de prédispositions au diabète, à l’hypertension artérielle ou au cancer du sein ».

 

C’est pourquoi Jacques Milliez prévient « de concession en concession, on en arrive à la transgression. La prochaine étape, au nom de la compassion pour la détresse des parents, peut être d’accepter le clonage« . C’est à dire accepter qu’un être humain soit issu d’une reproduction non sexuée.

<p>Le Figaro (Marie-Amélie Lombard) 22/07/02</p>

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