[Dossier] Le tabou de l’avortement

Publié le : 15 janvier 2015

L’hebdomadaire Famille Chrétienne publie cette semaine un dossier sur l’avortement, ce « tabou français ».

 

Témoignages de médecins objecteurs de conscience

 

L’hebdomadaire se pose la question de savoir pourquoi il y a de moins en moins de médecins qui pratiquent des avortements, pourquoi il est besoin de faire peser une contrainte sur le corps médical, et de vouloir supprimer l’objection de conscience relative aux avortements, comme le propose le rapport du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (Cf. Synthèse Gènéthique du 8 novembre 2013) ? Parce que, « c’est éminemment un problème éthique »  répond le Dr Frédérique Mardon-Lerolle, gynécologue- obstétricienne.

 

Famille Chrétienne a interviewé plusieurs médecins « objecteur de conscience » qui témoignent de leurs difficultés à rester libres : manque de préparation, menace de licenciements, omerta sur les questions éthiques, etc.

 

Le Dr Frédérique Mardon-Lerolle témoigne de l’importance du rôle du médecin : « beaucoup de femmes avortent dans la précipitation », « la grossesse est très médicalisée et la parole médicale a du poids. » Ces propos sont confirmés par le Dr Sylvie de Kermadec : « dans le cadre de l’IVG, si le médecin propose d’emblée l’interruption de grossesse, il ne respecte pas la liberté de choix de la mère. Il ne lui fait pas envisager toutes les possibilités. »

 

Le Dr Frédérique Mardon-Lerolle évoque aussi sa difficulté à aborder le sujet avec ses collègues et son malaise par rapport à l’IVG : « Je ne comprends pas comment ils peuvent accompagner une femme qui fait une fausse couche puis celle qui veut faire une IVG. La première ne dit-elle pas : « j’ai perdu mon bébé » et non pas « un amas de cellules » ? On est ainsi amené à changer de discours en fonction de la patiente. Et la vie serait humaine ou pas selon la date de la grossesse, l’environnement matériel, une éventuelle pathologie ou le nombre de chromosomes, etc.? C’est une façon de faire : fournir l’acte technique réclamé, mais je ne la comprend pas ! Je ne suis pas qu’un prestataire de service. »

 

Aujourd’hui la loi leur garantit encore le droit d’objecter en conscience[1], mais pour combien de temps encore ?

 

Programme national d’actions pour « améliorer l’accès à l’IVG »

 

La ministre des Affaires sociales, de la santé et des Droits des femmes, Marisol Touraine, se rendra vendredi 17 janvier (anniversaire des 40ans de la loi Veil) dans un Centre de planification familiale au Centre Hospitalier de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), où elle présentera son Programme national d’actions pour améliorer l’accès à l’IVG.

 

Samedi après-midi, se tiendra une manifestation axée sur l’IVG. Un des organisatrices, Maya Surduts, a déclaré qu’elle regrettait que les médecins ne soient « pas sanctionnés » lorsqu’ils refusent une IVG. Marisol Touraine a fait savoir qu’elle participera à cette « journée militante ».

 

Le 25 janvier, la Marche pour la Vie rappellera son opposition à l’avortement.

 

[1] Un médecin, un infirmier, une sage-femme, un auxiliaire médical « n’est jamais tenu de donner suite à une demande d’interruption de grossesse ni de pratiquer celle-ci mais il doit informer, dès la première visite, l’intéressée de son refus » (art.L.162-8. de la loi Veil).

 

<p>Famille Chrétienne (Ariane Lecointre-Cloix, Antoine Pasquier, Elisabeth Caillmer) 15/01/2015 - AFP 15/01/2015</p>

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