Données de santé et applications : « c’est comme le Far West, avec une protection zéro »

Publié le : 11 septembre 2020

Présentée jeudi lors d’un congrès de l’American Heart Association, une étude sur la protection de la vie privée et les applications  montre que, si les applications de santé téléchargeables sur smartphones ont le vent en poupe, elles ne proposent actuellement aucune sécurité pour les données (cf. Les applications de santé : entre menaces pour la vie privée et risques de discrimination). Elles présentent des risques réels vis-à-vis du respect de la vie privée. « Vous pouvez suivre votre rythme cardiaque, votre tension artérielle ou votre poids en quelques clics grâce à des milliers d’applications santé gratuites ou peu coûteuses. Mais à chaque clic, vous risquez de transmettre involontairement vos données de santé à un tiers ».

Mohammed Abdullah, étudiant en médecine et principal auteur de l’étude, a examiné 35 applications mobiles pour diabétiques. Il a identifié « qu’elles donnaient toutes des données à un tiers, même dans les cas où la politique de confidentialité de l’application indiquait le contraire ». « Pour l’instant, il n’y a aucune limite à ce que les entreprises peuvent faire avec ces données », explique Mohammed Abdullah, ajoutant que « la technologie et les soins de santé sont de plus en plus liés et que les entreprises dépensent des milliards de dollars pour des applications liées aux soins de santé ».

« En ce moment, c’est comme le Far West, avec une protection zéro », explique quant à lui le Dr David Grande, auteur d’une autre étude, sur la confidentialité des données de santé à l’ère numérique, publiée en juillet dans JAMA Network Open. Il rappelle également que les données, une fois collectées, sont « disponibles en ligne pour toujours », « immortelles ». « Les gens ne comprennent pas toutes les empreintes numériques qu’ils laissent derrière eux chaque fois qu’ils interagissent avec des applications de santé », déplore-t-il.

Mohammed Abdullah met en évidence un indice ne trompe pas : « si vous ouvrez l’application et que vous y voyez des publicités, vous pouvez être sûr que vos données seront transmises à un tiers d’une manière ou d’une autre ». Les applications de santé sont souvent gratuites, les créateurs d’applications se rémunèrent « grâce à la publicité ou à la vente de données ».Alors, il faut « peser le pour et le contre » : « l’application pourrait aider les patients à suivre leur glycémie, mais vaut-elle la peine d’être utilisée si vous savez que vos données seront partagées ? ».

 

Source : Medical Press, Feodora Chiosea (10/09/2020)

Partager cet article

Synthèse de presse

Chronique audio

Textes officiels

ressources

Fiches pratiques

Bibliographies

S'abonner aux lettres