« Do not resuscitate » : une application trop systématique au Royaume-Uni ?

Publié le : 4 décembre 2020

Au Royaume-Uni, les personnes âgées ont été massivement privées de réanimation pendant la pandémie, alerte l’autorité britannique de régulation des soins, la Care Quality Commission (CQC). S’il est possible d’émettre un avis DNACPR pour un patient, c’est-à-dire « do not attempt cardiopulmonary resuscitation », son accord et celui de sa famille sont nécessaires. Dans ce cas, le patient n’est pas réanimé si son état de santé se dégrade.

La première phase d’une étude réalisée par la CQC révèle que ces avis ont été attribués de façon systématique à l’ensemble des résidents d’établissements pour personnes âgées, autistes ou déficientes. Sans en informer les familles, ni réaliser l’évaluation médicale préalable nécessaire. Probablement par volonté de prévenir un engorgement des hôpitaux. Selon la Commission, de nombreux décès auraient probablement pu être évités.

La CQC a reçu 40 plaintes concernant des avis DNACPR qui ont été mis en place sans consultation de la personne ni de sa famille. Le nombre de ces plaintes a quadruplé en six mois, passant de 9 à 40 entre mars et septembre. Des cas ont été rapportés où les résidents d’un établissement avaient tous reçu un avis DNACPR, et où ceux-ci étaient « systématiquement appliqués à toute personne infectée par le Covid ». La CQC rappelle que ces avis ne doivent jamais être attribués de « façon générale ». « Il est inacceptable que les décisions cliniques (…) soient appliquées dans une approche globale à tout un groupe de personnes », rappelle Rosie Benneyworth, inspectrice des services médicaux et des soins au CQC.

D’après l’enquête, des soignants ont voulu alerter et contester les DNACPR généralisées, mais « personne ne les a écoutés », ils n’ont pas été soutenus.

La Commission craint que de tels avis ne soient actuellement encore en vigueur et appelle les familles à vérifier si leurs proches concernés sont au courant et ont donné leur accord. Certaines familles avaient en effet suspecté la validité du consentement de leur proche, expliquant « qu’ils avaient des doutes quant à leur compréhension en raison de facteurs tels que le niveau d’anglais ou la surdité ».

Le rapport final de l’enquête sera rendu en février 2021. Elle porte sur sept établissements du NHS.

Sources : Guardian, Robert Booth (03/12/2020) ; Daily Mail, Luke Andrews (03/12/2020)

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