Diagnostic prénatal : polémique à l’Assemblée nationale

Publié le : 9 février 2011

Le commencement du débat parlementaire sur le projet de loi de bioéthique le 8 février 2011 a été marqué par l’évocation des propos de deux députés concernant le dépistage prénatal. Les paroles de l’un d’entre eux, Olivier Dussopt, ont été repris dans une publicité dénonçant l’eugénisme exercé envers les personnes trisomiques 21 (Cf. Synthèses de presse du 08/01/11 et du 28/01/11).

Le 25 janvier 2011, ce député socialiste de l’Ardèche avait en effet déclaré dans l’hémicycle : "quand j’entends que "malheureusement" 96 % des grossesses pour lesquelles la trisomie 21 est repérée se terminent par une interruption de grossesse, la vraie question que je me pose c’est pourquoi il en reste 4 %" (Cf. Synthèse de presse du 31/01/11). Il s’opposait au vote d’un amendement, proposé par le député UMP Xavier Breton, visant à améliorer l’information délivrée aux femmes enceintes en matière de dépistage et de trisomie 21, afin de favoriser une véritable liberté de choix.

Reprises dans une publicité publiée dans Le Figaro et dans Les Echos le 8 février 2011 alertant contre l’eugénisme à l’encontre des personnes trisomiques, ces paroles ont fait polémique à l’Assemblée. Prenant la défense de son collègue, le député PS Jean-Louis Touraine a renchéri : "C’est une diffamation et une bêtise grossière. Dans la pratique, on ne fait pas de diagnostic de la trisomie 21, qui entraine des risques pour la grossesse, si l’on veut garder un enfant trisomique".

Après ces deux interventions, le député Hervé Mariton a à son tour réagi :"On a vu lors de l’intervention de notre collègue Dussopt, lors de l’intervention encore aujourd’hui d’un de nos collègues, que l’approche de certains est une approche qui va très vite et quasiment automatiquement du diagnostic à l’avortement."

Les paroles d’Olivier Dussopt ont provoqué une vive émotion chez les parents d’enfants atteints de trisomie 21 et les associations qui les accompagnent. L’Hebdo de l’Ardèche s’en ai fait l’écho, rapportant les réactions indignés de certains députés comme Philippe Meunier. Olivier Dussopt a reconnu avoir tenu des propos maladroits : "je me suis exprimé à propos du dépistage des maladies génétiques sur l’embryon. Emporté par ce débat, j’ai prononcé une phrase malheureuse et mal comprise. Elle a blessé des parents d’enfants en situation de handicap. J’en suis désolé". Il dit s’être interrogé, à titre personnel, sur les motivations de parents faisant le choix de ne pas avorter un enfant handicapé. "Jamais je ne jugerai des parents qui font le choix de poursuivre la grossesse […] mais je comprends aussi ceux qui ont recours à l’IVG dans ce cas" a-t-il affirmé dans un communiqué.

Romandie News 09/02/11 - Hebdo de l'Ardèche (Nathalie Fabre) 03/02/11

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