“Détransition” de genre : un phénomène d’ampleur ?

Publié le 13 Juil, 2021

Alors que le phénomène de « transition de genre » prend de l’ampleur dans les média (cf. L’Etat civil français refuse le changement de prénom de « Lilie », « transgenre » de 8 ans), l’importance du phénomène inverse « la détransition, à savoir le retour au genre d’origine » est « très difficile » à évaluer. Un phénomène « extrêmement rare » selon les associations militantes. Mais alors que « le nombre de transitions a augmenté de 3 200 % en dix ans » au Royaume-Uni, aucune clinique du pays ne collecte de données sur les demandes de détransition.

En 2019, Charlie Evans, un journaliste scientifique britannique, crée le Detransition Advocacy Network. Et reçoit en trois mois « plus de 300 messages de jeunes femmes qui regrettent leur transition ». Walt Heyer de son côté a créé le site SexChangeRegret.com. Des « hommes qui ont eu le même parcours que lui : viols subis dans l’enfance puis dépression, sentiment de dépersonnalisation et rejet de leur propre sexe d’homme adulte », y témoignent. « Trop souvent, les symptômes de stress post-traumatique lié à des violences sexuelles sont interprétés comme une dysphorie de genre avec comme solution le changement de sexe. »

« Les exigences du champ clinique s’effacent devant le militantisme »

Les médecins sont « tentés d’administrer ce qu’ils voient comme un “remède miraclequi apporte une sensation de soulagement à court terme, solution séduisante au regard de la difficulté à traiter des troubles comme l’anorexie, l’autisme ou les “psychoses larvées” », estime Céline Masson, psychologue et professeure des universités en psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent à l’Université de Picardie-Jules Verne, créatrice de l’Observatoire des discours idéologiques sur l’enfant et l’adolescent, dit aussi Observatoire Petite sirène (cf. Dysphorie de genre : « primum non nocere » ; Dysphorie de genre chez les enfants : quelles réponses ?). Ainsi, « un tiers des patients » de la clinique Tavistock de Londres souffrent de troubles du spectre autistique (cf. Surdiagnostics de dysphorie de genre chez des enfants : 35 psychologues démissionnent au Royaume-Uni).

Pour le docteur Anne Perret, pédopsychiatre, qui dénonce une « fascination pour ces discours autour de la transidentité » de la part des professionnels de santé, « les exigences du champ clinique s’effacent devant le militantisme ». Avec comme conséquence un « interventionnisme médical trop rapide ».

Une pratique qui interroge le consentement réel de ces jeunes patients. Pour la justice britannique, Keira Bell à 14 ans « n’était pas en mesure de consentir à l’administration de bloqueurs de puberté après seulement trois rendez-vous d’une heure, puis des injections de testostérone à partir de ses 17 ans et une ablation des seins à 20 ans ». Un peu moins de dix ans plus tard, « si elle a gagné son action en justice, elle est infertile et sera toute sa vie prise pour un homme » (cf. Keira Bell : le système de santé britannique fait appel de l’interdiction des bloqueurs de puberté).

 

Source : Marianne, Pauline Arrighi (22/06/2021)

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