Des poumons endommagés restaurés en les reliant à un porc vivant

Publié le : 15 juillet 2020

Une équipe multidisciplinaire du centre médical de l’université Vanderbilt (VUMC) et de l’université de Columbia aux Etats-Unis a démontré que des poumons endommagés issus de donneurs humains, qui seraient rejetés pour une transplantation, pouvaient être restaurés « par circulation croisée entre le poumon humain et un hôte xénogénique ». En pratique, les chercheurs ont relié des poumons humains à un porc vivant sous sédatif et traité avec des médicaments immunosuppresseurs « pour empêcher le rejet des poumons ». Le sang expulsé par le cœur du porc a été dirigé vers les poumons, « qui étaient alimentés par un ventilateur », puis le sang a été renvoyé vers le porc. L’expérience a été menée sur cinq paires de poumons humains provenant de donneurs, tous classés inaptes à la transplantation, et chacune d’elles a été reliée à un porc vivant pendant 24 heures. Les résultats, publiés dans la revue Nature Medicine[1], ont montré que « chaque paire de poumons était en bien meilleur état après une journée de « circulation croisée xénogénique » », que ce soit quant à « la qualité des tissus, des réponses inflammatoires ou de la fonction respiratoire ».

 

« Les poumons sont l’organe solide le moins utilisé pour les transplantations car seulement 20 % des poumons de donneurs sont considérés comme étant dans un état satisfaisant pour être greffés », a indiqué le Dr Matthew Bacchetta, professeur associé de chirurgie thoracique et de génie biomédical à la VUMC, et auteur de l’étude. Selon lui, passer ce taux à 40 % ou 50 % suffirait à satisfaire l’essentiel des patients en liste d’attente. La technique actuelle, la « perfusion pulmonaire ex vivo » (PVE), est un système qui peut « préserver les poumons jusqu’à huit heures » mais qui reste « limité » pour la restauration d’organes endommagés. La plateforme xénogénique a quant à elle permis de « récupérer un poumon de donneur qui ne s’était pas rétabli avec le système de perfusion pulmonaire ex vivo », explique le professeur Gordana Vunjak-Novakovic, co-auteur de l’étude.

 

« La plate-forme xénogénique offre aux scientifiques deux voies de recherche dans l’immédiat », a déclaré le Dr Bacchetta. « Premièrement, elle offre une nouvelle option pour la transplantation de poumons auparavant considérés comme trop endommagés pour la transplantation ». Et, « deuxièmement, la plate-forme xénogénique permet de préserver les poumons pour tester d’autres interventions thérapeutiques ou ouvrir la voie à la découverte, l’essai et l’administration de médicaments ». Selon le chercheur, la plateforme de circulation croisée pourrait également être utilisée « pour restaurer d’autres organes et tissus humains, y compris le foie, le cœur et les reins ainsi que les membres ».

 

« Les maladies pulmonaires sont la troisième cause de décès dans le monde. »

 

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[1] Xenogeneic cross-circulation for extracorporeal recovery of injured human lungs, Nature Medicine (2020). DOI: 10.1038/s41591-020-0971-8

 

<p>Medical Xpress, Vanderbilt University Medical Center (13/07/2020) – Daily Mail, Joe Pinkstone (13/07/2020)</p> <p> </p>

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