Des ovocytes congelés accidentellement détruits au CHU d’Angers

Publié le : 2 novembre 2015

Le CHU d’Angers a annoncé le 29 octobre l’ouverture d’une enquête suite à la destruction accidentelle de 17 prélèvements d’ovocytes conservés dans une bonbonne d’azote liquide. L’incident s’est produit dans la nuit du 18 au 19 octobre, à cause d’une « rupture de froid ». Les dix sept femmes concernées « suivaient ou avaient suivi une chimiothérapie, une radiothérapie ou avaient subi un acte chirurgical ». Ces traitements étant « susceptibles de les rendre infertiles », les médecins leur avaient proposé « par précaution, de mettre leurs ovocytes en banque ». Cette technique (la vitrification ovocytaire[1]) est autorisée depuis 2011 en France, pour les femmes qui « doivent subir un traitement dans le cadre d »un cancer, par exemple, mais qui veulent, par la suite, avoir un enfant » ; elle est interdite « pour raisons personnelles ».

 

« Les projets de naissance ne sont pas complètement remis en cause » a déclaré la direction du CHU, car « la majorité d’entre elles ont retrouvé une fertilité de façon spontanée et deux d’entre elles sont enceintes ». Le CHU va toutefois « leur proposer de nouveaux prélèvements d’ovocytes ».

 

« Ce genre d’incident est extrêmement rare », « jamais un tel incident ne s’était produit au CHU d’Angers » lit-on. « Ce n’est pas une erreur humaine mais un problème purement technique » a encore précisé le CHU. En 2014, l’Agence de la biomédecine a reçu 558 déclarations d’AMP vigilance[2] sur tous les centres français, réparties en 423 effets indésirables[3] et 136 incidents. L’Agence de la biomédecine considère cependant que ces chiffres sont « sous évalués » car le système repose sur « la notification des évènements au cas par cas au fil de l’eau ».

 

Dans le cas du CHU d’Angers, L’Agence du médicament, l’Agence régionale de santé, et l’Agence de la biomédecine ont été saisies et vont nommer un expert pour connaitre l’origine exacte de l’incident. Jean Yves Nau s’interroge : « L’Agence ne précise pas si des actions en justice sont parfois, dans de tels cas, engagées par les personnes concernées. Sur quelles bases pourraient-elles, d’ailleurs, être intentées ? Indemniser une promesse de gestation envolée ? »

 

[1]  Procédé qui consiste à congeler de manière ultrarapide et sans cristaux de glace des cellules reproductrices féminines, les ovocytes.

[2] L’AMP vigilance « a pour objet la surveillance des incidents relatifs aux gamètes, aux tissus germinaux et aux embryons utilisés à des fins d’assistance médicale à la procréation ou à des fins de préservation de la fertilité ainsi que des effets indésirables observés chez les donneurs de gamètes ou chez les personnes qui ont recours à l’AMP ».

 

<p>Le Figaro (29/10/2015); Rapport annuel ABM 2014</p>

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