Des chimères souris-homme pour étudier des tumeurs cérébrales

Publié le 9 Mar, 2020

Aux Etats-Unis, des chercheurs du laboratoire de Rudolph Jaenisch, membre de l’Institut Whitehead, de l’Institut Koch du MIT et de l’Institut du cancer Dana-Farber ont développé « une nouvelle façon de modéliser les tumeurs de neuroblastomes humains chez les souris en utilisant des chimères ». Ici, « des souris qui ont été modifiées pour avoir des cellules humaines dans certaines parties de leur système nerveux ». Pour Malkiel Cohen, post-doctorant dans le laboratoire de Jaenisch et premier auteur de l’article, ce pourrait être un « modèle unique pour étudier la dynamique des cellules immunitaires dans les tumeurs humaines ». Les résultats ont été publiés dans la revue Cell Stem Cell[1].

Le neuroblastome est « une forme rare et imprévisible de cancer infantile qui touche environ 800 jeunes enfants aux États-Unis chaque année ». C’est une forme de cancer « difficile à étudier, principalement en raison de son comportement disparate : les tumeurs rétrécissent souvent spontanément chez les nourrissons, tandis que chez les tout-petits, elles sont très agressives et souvent mortelles ».

Pour créer ces souris chimériques, les scientifiques ont « d’abord fabriqué des cellules souches pluripotentes humaines pour exprimer deux gènes connus pour être anormaux dans les neuroblastomes, le MYCN et l’ALK mutant, et les ont modifiées pour qu’elles deviennent des cellules de crête neurale, dont sont issus les neuroblastomes humains ». « Les gènes pouvaient être activés et désactivés avec l’ajout de doxycycline, un antibiotique. » Par ailleurs, ils ont inséré un gène faisant en sorte « que toute tumeur provenant de ces cellules humaines soit lumineuse sous la lumière fluorescente », ce qui permet de vérifier « si les cellules se propagent correctement dans le corps des souris ».

Les cellules ainsi modifiées ont été injectées dans des embryons de souris. « 14 % des souris ont développé des tumeurs, soit 29 souris sur un total de 198 ». Les chercheurs ont pu constater que « les tumeurs étaient remarquablement similaires aux neuroblastomes humains : elles contenaient des marqueurs cellulaires typiques des tumeurs humaines ».

L’équipe prévoit « de tester le potentiel du nouveau système pour modéliser d’autres cancers tels que le mélanome, et de l’utiliser pour étudier les traitements potentiels des patients atteints de neuroblastomes ».

Pour aller plus loin :

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[1] Formation of Human Neuroblastoma in Mouse-Human Neural Crest Chimeras. Cell Stem Cell. March 5, 2020. DOI: doi.org/10.1016/j.stem.2020.02.001.

Medical Xpress, Whitehead Institute for Biomedical Research (06/03/2020)

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