Des centres pour  »gérer le risque » d’avoir un enfant trisomique

Publié le : 18 février 2009

En écho à une l’étude de l’INSERM relative à l’information et au consentement des femmes pour le dépistage prénatal à la nouvelle procédure de généralisation du dépistage de la trisomie 21 (cf. Synthèse de presse du 09/01/09), Bruno Jeandidier, pédiatre, réagit. En effet, une procédure nouvelle veut qu’une généralisation du dépistage au cours du premier trimestre puisse être effectuée au sein d’un "centre de gestion des risques maternels foetaux". Ces centres auraient pour vocation de dépister et délivrer les résultats des tests au cours de la même journée, pour "favoriser un vrai choix des femmes enceintes, qui éviteraient ainsi avant leur décision de subir la pression sociale, leur grossesse n’étant pas encore visible". Cette explication, pour M. Jeandidier, est une "analyse erronée" car le choix qui s’impose est "éminemment personnel" et il serait faux de penser que ces centres puissent préserver les femmes de toute pression sociale. "Le huis clos dans ces centres ne protège que les professionnels."

Par ailleurs, l’auteur souligne que l’annonce d’un risque de trisomie 21 est "une épreuve extrêmement violente et éprouvante, qui marque durablement l’histoire des couples." "Résumer cette épreuve à la gestion d’un risque me parait, de la part des professionnels, témoigner d’une suffisance, voire d’un mépris de ces familles" ajoute-t-il. Il s’indigne du manque d’"éclairage divers et contradictoire" qui permettrait un choix réellement libre et "qui fonde notre responsabilité et donc notre humanité".

Bruno Jeandidier termine sa tribune par une "anecdote" révélatrice que lui a rapportée un gynécologue d’une maternité renommée. A l’issue d’une amniocentèse, ce gynécologue a affirmé "non sans fierté" avoir "entièrement "géré le risque" en ayant prescrit, sans l’avis préalable du couple, une interruption médicale de grossesse, suite à la découverte d’une trisomie 21. La question qu’il a ensuite posée devrait nous faire réfléchir : "sinon, un trisomique, cela se suit comment?".

[NDLR : Le livre de Jean-Marie Le Méné, La trisomie est une tragédie grecque, récemment publié aux éditions Salvator, offre une analyse et des propositions alternatives à la dérive eugéniste du dépistage des enfants trisomiques. Pour plus d’informations, cliquez ici]

La Croix (Bruno Jeandidier) 18/02/09 -

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