Dépistage de la trisomie 21 : « Ne pas informer c’est être condamné »

Publié le : 5 février 2021

Le 26 janvier, un gynécologue de l’Eure comparaissait devant la chambre disciplinaire normande de l’Ordre des médecins[1]. Son tort : un retard de deux mois dans le diagnostic prénatal de trisomie 21 d’un enfant à naître, avorté depuis. Le conseil départemental de l’Ordre des médecins s’est associé à la plainte des parents.

L’enfant devait naître fin février 2019. Suivant la stratégie française en la matière, le couple accepte en août 2018 le dépistage de la trisomie 21, avec une analyse sanguine. Mais les résultats ne leur parviendront jamais, ayant été envoyés à une mauvaise adresse. Ne réussissant pas à joindre le médecin[2], les parents relancent des analyses et le diagnostic est posé en octobre : l’enfant est porteur de trisomie 21. Le résultat « les conduit à la décision d’interrompre la grossesse ». Ils reprochent aujourd’hui au médecin « un manquement à l’information » et « à la continuité des soins ». L’avocate de la plaignante déclare que « les choses se seraient déroulées autrement si elle en avait été informée ». Le couple parle « de la douleur de la perte de cet enfant mais il n’est pas possible d’entendre qu’il [le médecin] est responsable de la perte. L’issue dramatique n’aurait pas été différente », répond l’avocate du médecin.

Cette triste affaire est emblématique du cercle vicieux créé par la systématisation du dépistage prénatal de la trisomie 21 : engrenage vers l’avortement, rejet de la « faute » sur le professionnel de santé, procès, pression sur le corps médical, traque de plus en plus forte des enfants porteurs de trisomie 21, éradication de ces enfants. Selon les mots de Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune : « Tragiquement, depuis le vote de la loi bioéthique de 2011, nous nous trouvons dans une situation dans laquelle on ne peut plus faire que des fautes : informer, c’est condamner ; ne pas informer, c’est être condamné ».

[1] Source : L’impartial, actu Normandie (5/02/2021)

[2] Parti en vacances à cette période et dont le cabinet a ensuite été fermé pour travaux. « Le médecin faisait également l’objet d’une interdiction d’exercer pour trois mois, sur la fin 2018, dans le cadre d’une autre affaire ».

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