Démographie : en France, la natalité toujours en berne

Publié le : 14 janvier 2020

L’Insee a publié ce jour, le bilan démographique de la France pour l’année 2019.

 

Au 1er janvier, la France compte 67 millions d’habitants, soit une croissance de 0,3% de sa population. Une augmentation faible, qui se tasse par rapport à celle des années précédentes,  essentiellement imputable au solde naturel, c’est-à-dire à la différence entre le nombre des naissances et celui des décès. « En 2016, le solde naturel avait atteint son niveau le plus bas depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, il n’a cessé de baisser depuis lors et atteint un nouveau point bas en 2019 » : les décès sont plus nombreux, le nombre de naissances augmente moins vite. La France reste le deuxième pays le plus peuplé après l’Allemagne.

 

Du point de vue des naissances, avec 753 000 bébés en 2019, ce sont 6000 de moins qu’en 2018, soit une baisse de 0,7% contre 2,4% en 2015 : « le nombre de naissances baisse chaque année depuis cinq ans, mais à un rythme qui ralentit au fil des années », note l’INSEE. En cause selon l’Agence, la fécondité. En effet, « le nombre de naissances dépend à la fois du nombre de femmes en âge de procréer et de leur fécondité ». Or, depuis le milieu des années 1990, la « population des femmes de 20 à 40 ans, âges où elles sont les plus fécondes, diminue ». Mais Jerôme Fouquet, directeur du département « opinion et stratégies d’entreprises » de l’IFOP, dans un article publié par le Figaro, souligne « la concomitance des atteintes aux politiques familiales avec le début du déclin des naissances »[1]. Pour lui, « le gouvernement de l’époque a envoyé des signaux qui ont été perçus comme annonçant la fin de l’universalité des politiques familiales, or cette politique publique avait jusque-là été sanctuarisée en France, en dépit des alternances politiques ». Or, « c’était un élément très structurant du pacte national. C’est ce qui permettait à la France de maintenir un taux de fécondité plus fort que ses voisins européens: les politiques familiales jouaient jusque-là beaucoup sur le passage de deux à trois enfants pour un ménage ».

 

Un autre argument pourrait jouer : depuis plus de 40 ans, la classe politique n’a cessé de miser sur l’avortement comme principe et comme « droit des femmes ». Cet entêtement à mettre l’IVG au pinacle aurait-il pu être d’une quelconque influence, à l’heure même où, de plus, on constate un recul de la famille « traditionnelle » : un père, une mère vivant avec les enfants issus de leur union ?

 

« En 2019, l’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) s’établit à 1,87 enfant par femme, après 1,88 en 2018 », l’INSEE conclut à une stabilisation du taux à un niveau nettement inférieur à celui des années 2006/2014 qui « oscillait autour de 2% », avec un âge moyen à la maternité en recul : « 30,7 ans en 2019, contre 29,3 ans vingt ans plus tôt ». En 1999, « 100 femmes âgées de 25 à 29 ans donnaient naissance à 13,0 enfants ». En 2019, « elles n’en ont plus que 10,9 ». Ce recul s’accompagne d’une baisse conjointe, quoique plus récente, du taux de fécondité des 30 et 34 ans : « de 13,1 enfants pour 100 femmes en 2014 à 12,7 en 2019 ». Avec un constat : la fécondité qui plaçait l’Allemagne, il y a dix ans, sur une tendance basse, se situe désormais avec une fécondité de 1,57 contre 1,59 en Europe, dans une moyenne. Ce qui implique une baisse importante de fécondité dans tous les autres pays de l’Union européenne.

 

Le nombre de décès en France a augmenté de 0,4% en 2019 soit + 2000 personnes qu’en 2018, soit 612 000 personnes décédées. En cause, selon l’INSEE,  l’arrivée massive des générations du baby-boom « à des âges de forte mortalité ». Toujours pour 2019, l’espérance de vie des femmes était de 85,6 ans et pour les hommes de 79,7 ans. L’écart entre les femmes et les hommes diminue et n’est plus que de + 5,9ans, essentiellement parce que l’espérance de vie augmente davantage chez les hommes (+2 ans en 10 ans), que chez les femmes (+1,2 ans sur la même période). L’INSEE constate que « l’espérance de vie continue donc de progresser mais les gains ont ralenti » : sur 5 ans + 0,5 an d’espérance de vie pour les hommes et 0,2 an pour les femmes.

 

La proportion de jeunes, avec 18,1% de la population, place la France en seconde position après l’Irlande. « Au 1er janvier 2020, plus d’une personne sur cinq en France a 65 ans ou plus ». Depuis 30 ans, la population vieillit sur une tendance qui s’accélère depuis le milieu des années 2010.

 

Pour aller plus loin :

Baisse de la démographie, le nouveau fléau ?

Un déclin continu de la natalité française en 2018

En France, une naissance sur trente via la PMA en 2018 ?

 

Photo : Mirko Grisendi de Pixabay

 

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