Déclaration de l’UNESCO : les écarts à éviter

Publié le : 6 septembre 2004

Le Père Gonzalo Miranda, doyen de la Faculté de bioéthique de l’Athénée Pontifical Regina Apostolorum de Rome, est intervenu à l’Unesco comme représentant de la religion catholique lors de la session du Comité International de Bioéthique (CIB) chargé de l’élaboration de la "Déclaration sur les Normes Universelles de Bioéthique" (cf. revue de presse d’août 2004) . Le directeur général de l’Unesco, M. Koichiro Matsuura, a insisté sur "l’esprit de vrai pluralisme" avec lequel cette Déclaration devait être élaborée et a invité chaque représentant des grandes religions à intervenir.

Le Père Miranda a insisté sur "l’obligation de ne discriminer personne et de ne violer les droits humains de personne" car "tous les êtres humains jouissent de la même dignité intrinsèque car ils appartiennent à la famille humaine". S’appuyant sur la phrase de Saint Paul : "Il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme; car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus"; il a ajouté : "Il n’y a ni enfant né ni enfant non-né, nous ne faisons qu’un dans le Christ Jésus". Il a d’ailleurs rappelé que "la question du respect dû à l’être humain depuis son état embryonnaire, ne dépend pas de la vision religieuse".

Concernant le projet de Déclaration, le Père Miranda s’inquiète que le texte puisse approuver indirectement ou implicitement certaines pratiques qui vont contre les droits fondamentaux établis par la Déclaration des droits de l’homme de 1948. Par exemple, la déclaration interdirait le clonage dit reproductif sans mentionner le clonage dit thérapeutique ce qui peut être interprété comme une approbation tacite de ce dernier. "Une telle opération me semblerait une expression de malhonnêteté intellectuelle", explique t-il. Il faut écrire en toutes lettres qu’en ce qui concerne le clonage thérapeutique le CIB "n’est pas parvenu à une vision commune" et par conséquent "le texte ne se prononcera pas à ce sujet".

Enfin, étant donné les différents avis, parfois inconciliables, qui se sont exprimés autour de l’élaboration de cette Déclaration, le Père Miranda estime que ce texte doit se limiter "à affirmer les principes généraux de bioéthique et à donner quelques indications fondamentales". Par la suite, le Comité International de Bioéthique pourra continuer à publier des études plus concrètes sur les multiples problèmes spécifiques.

Zenit 04/09/04

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