Cryos, géant du  »sperme business », s’ouvre aux particuliers

Publié le : 17 juillet 2009

Cryos, la plus grande banque de sperme d’Europe implantée à Aarhus, au Danemark faisait jusqu’alors uniquement affaire avec les cliniques. Depuis trois mois, elle a décidé d’ouvrir ses services aux particuliers. Une décision qui se fonde sur le constat d’une demande d’enfants croissante chez les femmes célibataires. "Aujourd’hui, les ‘singles’, qui ont souvent plus de 30 ans, représentent de 30% à 40% de la clientèle", constate Ole Schou, créateur de Cryos.

Ce choix est un tournant pour Cryos, comme l’explique son directeur général : "Nous entrons dans une phase industrielle tout en gardant la proximité avec les clients".

Ainsi, depuis le 2 juin, Cryos a mis en ligne un catalogue de 309 "géniteurs potentiels" strictement sélectionnés pour la "qualité" de leur sperme et de leur profil physique, génétique et psychologique. Cette liste, "la plus importante au monde", est truffée d’informations sur la "race" du donneur, son groupe ethnique, ses taille, poids, ou couleur d’yeux, mais aussi sur son niveau d’éducation, métier ou groupe sanguin, le tout de manière anonyme ou non. L’histoire médicale de chacun est passée au crible : la moindre allergie est traquée et les maladies héréditaires sont au coeur du long questionnaire auquel chaque éventuel donneur est soumis.

L’implantation de Cryos à Aarhus est stratégique : il s’agit en effet d’une ville universitaire dont les 40 000 étudiants représentent autant de donneurs possibles. La rémunération, qui peut monter de 135 à 270€ par mois pour un donneur régulier, est une ressource non négligeable pour un budget étudiant. "Le job est très flexible, je peux venir quand je veux", explique, satisfait, Jens, qui envisage pourtant d’arrêter les dons le jour où il s’engagera dans une relation sérieuse.

Alors que la tendance dans l’Union Européenne est à la levée de l’anonymat, Ole Schou s’insurge "contre ces hommes politiques aveugles qui ne veulent pas voir la réalité des mécanismes du marché". Niels, donneur régulier, a fait quant à lui le choix du non – anonymat : "après discussion avec ma femme, j’ai décidé de ne pas être anonyme : chaque enfant a le droit de savoir d’où il vient". Quant à Jens, on lui a conseillé de ne lever l’anonymat que pour 25 enfants.

Loin de se contenter du marché occidental, Cryos devrait ouvrir en septembre une franchise à Bombay, en Inde.

Le Monde 17/07/09

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