« Crisis Data Hub » : des sénateurs réclament la collecte et l’utilisation de données de santé nominatives

Publié le 7 Juin, 2021

Exploiter davantage le numérique en temps de crise, telle est la proposition des sénateurs de la Délégation à la prospective, le 3 juin dernier. Selon eux, la France montre trop de « défiance à l’égard du numérique », ils déplorent que « le moindre croisement de fichiers suscite des polémiques infinies ». Ils « épinglent » également la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) et son interprétation du RGPD (Règlement général sur la protection des données), qui serait « bien plus conservatrice que chez nos voisins européens ».

Leur proposition est de rendre possible, en cas de crise, les « croisements de données massifs ». Ils promeuvent le recours aux technologies « intrusives mais très ciblées et limitées dans le temps », promettant en contrepartie « une liberté retrouvée plus vite ». Par exemple, « croiser les données médicales avec des données de géolocalisation » mais aussi avec les données des entreprises privées, « opérateurs de téléphonie, entreprises de transport, établissements financiers, etc. ».

En cas de crise « modérée », ils recommandent de simples mesures de « freinage ». Pour une menace « plus importante », ils préconisent l’« envoi automatique d’un SMS à tout individu qui s’éloignerait de son domicile pendant le couvre-feu », voire « une information en temps réel des forces de l’ordre », « une désactivation du titre de transport ou des moyens de paiement du contrevenant », ou encore « une amende prélevée automatiquement sur son compte bancaire, comme le font des radars routiers ».

Ils réclament également l’activation de ce système « en cas de catastrophe naturelle ou industrielle », « en cas d’attaque terroriste ou bioterroriste », (pour des alertes invitant à la prise de pastilles d’iode par exemple) ou encore « en cas de chute de débris spatiaux ».

Pour gagner la confiance des citoyens, ils espèrent qu’un développement de la plateforme en open-source et « une publication en open data des données agrégées » suffiront comme « garantie de transparence ».

 

Source : Le Quotidien du Médecin, Elsa Bellanger (04/06/2021) – Photo : Pixabay\DR

Partager cet article

Synthèses de presse

Supprimer la clause de conscience ? Des questions juridiques et éthiques
/ IVG-IMG

Supprimer la clause de conscience ? Des questions juridiques et éthiques

Depuis le lundi 29 novembre 2021, l’Assemblée nationale examine la proposition de loi « visant à renforcer le droit à ...
02_ogm_mais_8
/ OGM

La Commission européenne pourrait déréguler les « nouveaux OGM » dès 2023

La directive 2001/18 encadre actuellement « la mise sur le marché, la traçabilité et l’étiquetage des cultures génétiquement modifiées ...
Belgique : bientôt plus de mention du sexe sur les cartes d’identité
/ Genre

Belgique : bientôt plus de mention du sexe sur les cartes d’identité

Pour la Cour constitutionnelle le maintien des catégories homme ou femme pour l'inscription du sexe sur l’acte de naissance est ...

Textes officiels

Fiches Pratiques

Bibliographie

Lettres