Crise à l’ADMD

Publié le 27 Juin, 2008

Vice-président de l’association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) – qui milite depuis trente ans en France pour la légalisation d’une "aide active à mourir" – et avocat de Chantal Sébire, Gilles Antonowicz vient d’annoncer sa démission de l’ADMD. "Je ne suis plus comptable des discours, positions ou actions que les actuels responsables de cette association pourraient désormais tenir, prendre ou entreprendre", a-t-il déclaré.

Cette nouvelle démission intervient trois semaines après celle du secrétaire général, Henri Chamaret, et alors que le parquet de Dijon vient d’ouvrir une enquête préliminaire dans l’affaire Sébire pour "provocation au suicide".

Gilles Antonowicz justifie son départ par des désaccords de fond. Deux courants s’opposent au sein de l’ADMD : le premier, dans lequel s’inscrit l’ancien vice-président, revendique un "droit" à l’euthanasie pour les malades en fin de vie, "lorsqu’il n’y a plus d’espoirs thérapeutiques" alors que le second milite pour le suicide assisté, c’est-à-dire le "droit" de choisir sa mort à n’importe quel moment et quel que soit son état de santé. Président de l’ADMD, Jean-Luc Romero évoque lui "des divergences de nature financière" pour expliquer le départ de Gilles Antonowicz.

Selon l’hebdomadaire La Vie, cette nouvelle crise interne révèle "une ambiguïté originelle" entre militants de l’euthanasie et ceux du suicide assisté. "Notre position est claire, nous sommes à la fois pour l’euthanasie et pour le suicide assisté, mais pas à n’importe quel âge, ni dans n’importe quelle condition", tente d’expliquer Jean-Luc Romero.

En 2007 déjà, de vifs débats avaient divisé l’ADMD : lors de la rédaction d’une proposition de loi, laquelle devait être au départ limitée aux malades incurables et avait été finalement élargie à toute personne "placée dans un état de dépendance qu’elle estime incompatible avec sa dignité". Le sénateur Henri Cavaillet, jugeant ces termes encore "trop timides", avait démissionné. "Il faut dire qu’au même moment, l’une de ses proches collaboratrices avait reconnu avoir détourné 75 000 €", ajoute La Vie.

Récemment, une autre polémique est née à propos de l’association suisse Dignitas : des militants se sont émus des pratiques suisses rapportées dans la presse comme le recours à l’étouffement avec un sac plastique rempli d’hélium afin d’éviter les prescriptions médicales. A ce sujet, Jean-Luc Romero indique qu’il se rendra en Suisse le 18 juillet prochain "afin de remercier le directeur de Dignitas, qui a toujours pris en charge nos adhérents avec beaucoup d’attention, et pour éclaircir certains détails de la procédure, notamment les modalités de décès et le coût évalué de la prestation".

Le 31 octobre prochain, l’ADMD recevra, pour la première fois en France, le congrès mondial des associations pour le droit de mourir dans la dignité.

La Vie (Claire Legros) 26/06/08 – La Croix (Pierre Bienvault) 27/06/08 – Le Figaro.fr (Laure Daussy) 26/06/08

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