Covid et euthanasie : le « despotisme doux » de l’Etat

Publié le : 10 février 2021

Dans une tribune pour Causeur, Jean-Frédéric Poisson dit « non à cette société qui confine pour protéger d’une mort hypothétique et promeut le suicide assisté par injection létale ». Il fait référence à la proposition de loi du député Jean-Louis Touraine visant à « garantir et renforcer les droits des personnes en fin de vie », déposée fin janvier (cf. Une nouvelle offensive pour autoriser l’euthanasie ?), mais aussi à un second texte déposé le 3 février par la sénatrice Marie-Pierre de la Gontrie visant à « établir le droit à mourir dans la dignité ». « Qui peut croire que cette rafale de coups de boutoir contre la Vie est un hasard ? » interroge l’ancien député. Alors qu’avec la gestion de la crise sanitaire, « nos libertés n’ont jamais été autant bafouées », « Monsieur Touraine prétend vouloir ‘apprendre à mieux respecter nos libertés’ ». « Nous ne sommes pas dupes » affirme Jean-Frédéric Poisson, défiant la novlangue employée dans ces initiatives législatives. Très précis, le texte de Jean-Louis Touraine « préconise la mise en place d’une ‘hiérarchie des proches de l’intéressé’ à commencer par les époux, les partenaires liés par un PACS, les concubins…», tout en laissant la dernière place aux parents, frères et sœurs. Une « disposition [qui] ouvre la porte à tous les abus possibles et imaginables, des meurtres intéressés aux règlements de comptes ».

« Ce que la vie régulait naturellement autrefois, la société souhaite se l’arroger pour en être l’unique artisan, prétendant agir pour la Liberté, alors qu’elle n’agit que par nihilisme, quand ce n’est pas par pur intérêt économique » regrette Jean-Frédéric Poisson. Il cite Tocqueville qui écrivait en 1840 à propos de « ce despotisme doux » de l’Etat : « il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages, que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ? ».

Source : Causeur (10/02/2021)

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