Contrôler la pensée pour prendre le pouvoir ?

Publié le : 26 octobre 2020

Les déclarations d’Elon Musk concernant les recherches de sa société Neuralink (cf. Connecter les cerveaux aux ordinateurs, nouveau projet d’Elon Musk ) « sont problématiques », explique Jean-Gabriel Ganascia, informaticien et philosophe. Si les neurones émettent des signaux électriques, l’entrepreneur « laisse entendre qu’il pourrait y avoir un signal retour de la machine vers l’homme ». L’idée qui préside à la mise en œuvre des interfaces cerveaux-ordinateurs, c’est celle « sous-jacente que l’on va être capable de lire dans vos penser, donc d’une certaine manière de vous contrôler » (cf. Elon Musk présente le premier dispositif d’interface cerveau-machine et Neuralink : Elon Musk implante un dispositif dans le cerveau de porcs).

Ces déclarations, si elles peuvent faire partie d’ « une stratégie industrielle habile », doivent inciter à une réflexion forte sur les limites à imposer. Et aussi sur les instances qui peuvent les fixer. De ce point de vue, Jean-Gabriel Ganascia estime que les comités éthiques qui ont été créés ces cinq dernières années, « édictent des normes et des régulations » qui ne sont pas forcément « adaptées aux évolutions actuelles ». Loin de ces grands principes génériques, l’éthique est « la confrontation à des situations ». Et dans la réalité, « ces grands principes entrent parfois en contradiction les uns avec les autres ». Par exemple, « avoir une protection de la vie privée et une transparence ». Ce qui implique qu’une « vraie réflexion éthique soit menée ».

Aujourd’hui, alors que tout s’accélère, « les états doivent prendre leur responsabilité » car, explique le philosophe, « certains acteurs ont en réalité un but politique en tête, prendre le pouvoir en allant au-delà de la logique des Etats ».

Source : Le Monde, Laurence Belot (24/10/2020)

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