Contre l’euthanasie, la mobilisation s’organise

Publié le : 11 décembre 2014

Deux associations prennent la parole dans la presse à la veille de la remise officielle des conclusions de la mission parlementaire sur la fin de vie au Président de la République. Hier soir, le collectif Soulager mais pas tuer a manifesté au Trocadéro à Paris pour dire NON à l’euthanasie. L’association d’étudiants en médecine Soigner dans la Dignité était présente.

 

Jean Fontant, président de Soigner dans la Dignité, a publié une tribune dans le FigaroVox dans laquelle il débusque les dessous de la sédation en phase terminale. Le « droit à la sédation profonde et terminale » reviendrait à autoriser le médecin à donner la mort « en conscience » car l’intention (soulager ou donner la mort) serait cachée. « Nous refusons le raccourci mensonger et malheureux d’une euthanasie par sédation profonde, hypocritement déguisée sous ce nom de sédation terminale. Nous payons aujourd’hui le lourd tribu du manque critique de praticiens formés et disposant des moyens nécessaires à accompagner le mourant dans le respect de sa dignité d’homme. »

 

Claire Pellissier, psychologue clinicienne en soins palliatifs et porte-parole du mouvement Soulager mais pas tuer, s’inquiète également de la banalisation de la pratique des « sédations profondes et terminales jusqu’au décès ». Elle s’interroge de savoir si la sédation soulage réellement le patient en fin de vie : « En endormant un patient, on le fait taire, on ampute sa parole. Comment être sûr que la souffrance plus ‘existentielle’, liée à la peur de l’abandon, à la culpabilité, au manque d’amour, à la mort et à ‘l’après’, est réellement soulagée ? […] Faire taire, est-ce la solution à l’angoisse? »

 

Une autre tribune a été publiée hier soir dans le FigaroVox, cosignée par Philippe Pozzo di Borgo[1], Jean-Louis Terra[2] et Tugdual Derville[3]. Ils refusent que le débat sur la fin de vie soit réduit à choisir entre deux options : mourir ou souffrir. Leurs expériences d’accompagnants de personnes en souffrance leur permettent d’affirmer que ces personnes n’attendent pas une aide à mourir mais une « aide à vivre! »

 

 

[1] Auteur du Second Souffle (Bayard) dont la vie a inspiré le film Intouchables.

[2] Professeur de psychiatrie à l’Université Claude Bernard Lyon I.

[3] Fondateur d’A bras ouverts et auteur de La Bataille de l’euthanasie (Salvator).

 

<p>FigaroVox (Jean Fontant) 9/12/2014 - Atlantico (Claire Pellissier) 10/12/2014 - FigaroVox (Philippe Pozzo di Borgo, Jean-Louis Terra, Tugdual Derville) 10/12/2014</p>

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