Contraceptif masculin : des effets d’annonce ?

Publié le 28 Nov, 2019

Une injection contraceptive pour les hommes développée en Inde « pourrait être disponible au premier semestre 2020 ». Le produit s’appelle RISUG pour inhibition guidée réversible du sperme[1] : un polymère[2] est injecté « directement » dans le canal déférent qui transporte le sperme vers l’urètre, « inhibant la production de sperme pendant 13 ans, avant de perdre progressivement son efficacité ». Son prix pourrait s’élever à 10$.

 

Le Dr RS Sharma, scientifique au Conseil indien de la recherche médicale ayant supervisé les essais cliniques, annonce que « le produit est prêt, il ne manque plus que l’approbation finale du contrôleur général des médicaments. » Ce qui pourrait prendre de 6 à 7 mois. Une fois obtenu, le produit pourrait entrer en phase de fabrication. Suite aux essais cliniques en phase 3 effectués sur « 303 candidats » pour lesquels le taux de réussite « a atteint 97,3% », le médecinc affirme : « Il peut en toute sécurité être appelé le premier contraceptif masculin au monde », confiant qu’il n’entrainait « aucun effet secondaire ».

 

Cependant, « certains chercheurs sont sceptiques ». En cause : les résultats des essais cliniques publiés dans the Indian Journal of Medical Research par le Dr Sharma lui-même qui rapportent divers effets secondaires chez la plupart des 139[3] hommes ayant subi l’injection, notamment « des douleurs du scrotum et des nodules au point d’injection ». Ces effets secondaires se sont résorbés au cours des 6 mois de l’expérimentation. Pour deux hommes cependant, du fluide s’est accumulé dans le scrotum, « ce qui est plus inquiétant » et « requiert une expérimentation sur le long terme », souligne Michael Skinner, un biologiste de la reproduction qui étudie la contraception masculine à l’Université de l’Etat de Washington. Six hommes n’ont pas pu tolérer une dose complète. Et pour ceux qui l’ont tolérée, l’injection a fait effet de 1 à 6 mois plus tard.

 

Pour être distribué sur le marché américain, « des études incluant des milliers de participants seront nécessaires », explique Stephanie Paige, professeur de médecine à l’Université de Washington. La technologie RISUG a été brevetée par une société californienne[4] qui a développé un produit : le Vasalgel, seulement au stade des essais précliniques. Aucun essai sur l’homme n’est encore prévu à ce jour pour le Vasalgel. D’après Michael Skinner, « la réversibilité sur les hommes n’a pas été prouvée ». Il attend d’autres expérimentations plus significatives.

 


[1] Reversible inhibition of sperm under guidance.

[2] Le styrène anhydride maléique.

[3] L’étude publiée ne semble pas confirmer le nombre de 303 participants.

[4] Parsemus Foundation.

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Slate, Robin Tutenges (27/11/2019) – Vox, Julia Belluz (27/11/2019)

 

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