Conséquences psychologiques de l’assistance médicale à la procréation

Publié le : 27 septembre 2010

L’engagement d’un couple dans un parcours d’assistance médicale à la procréation (AMP) a des répercussions psychologiques importantes. Dans un article du Quotidien du médecin, le Dr Sylvie Epelboin, gynécologue responsable du centre AMP de l’hôpital Bichat-Claude-Bernard de Paris, explique que "l’implication d’un tiers médical dans la procréation introduit une notion de limite éthique, qui pourtant n’existe pas en cas de grossesse naturelle". En effet, "de par leur nature, les consultations d’AMP introduisent un tiers médical dans le couple et s’immiscent dans leur relation".

Les interrogatoires nécessaires au bilan de fertilité nécessitent que le couple se raconte et révèle à une personne extérieure ce qui relève de son intimité : d’éventuels désaccords qui appartenaient au domaine du non-dit, des blessures antérieures, etc. Par ailleurs, parler de ce qui ne fonctionne pas, expliquer les différentes causes possibles d’infertilité provoquent souvent chez la femme et son compagnon un sentiment d’anormalité ou de culpabilité et des regrets portant sur des choix de vie antérieurs. "La part de responsabilité dans l’échec des tentatives de grossesse peut être lourde à porter par une femme qui a dû repousser un projet d’enfant pour des raisons professionnelles, ou qui a éventuellement subi par le passé une interruption de grossesse. Chez l’homme, la description d’anomalies spermatiques peut encore renvoyer une image négative de sa virilité et être vécue comme une forme d’impuissance."

 Le parcours de l’AMP a également des conséquences directes sur la sexualité du couple, qui perd en spontanéité et impose des rapports programmés et placés sous surveillance médicale. On constate également une difficulté de l’homme à trouver sa place tout au long du processus dans un contexte gynécologique habituellement réservé à la femme.

Enfin, les différentes conditions établies par la loi régulant l’accès à l’AMP font de la procréation une décision qui n’est plus uniquement parentale mais également sociétale : "

L’AMP offre au médecin un rôle d’acteur dans la procréation, qui se doit de ne pas être trop intrusif, ni trop négligent, tout en rentrant dans le cadre de la loi. Il s’agit avant tout d’une décision de couple, mais aussi, dans certains cas, d’une prise de décision sociétale

".

Le Quotidien du médecin (Dr Camille Cortinovis) 27/09/10

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