[CHRONIQUE] JF Mattei s’interroge : « La qualité d’une personne humaine dépend-elle de la qualité de ses gènes ? »

Publié le : 1 juillet 2014

Jean-François MATTEI, Professeur émérite d’éthique médicale, membre de l’Académie nationale de médecine, et ancien ministre de Santé, de la Famille et des Personnes handicapées, revient sur la découverte en 1953 de la double hélice de l’ADN, espoir pour la compréhension des maladies et leur guérison.

 
Il note que malgré l’attente des traitements à découvrir, le diagnostic prénatal (DPN) a déjà été mis en place pour repérer les enfants à naître porteurs de maladies graves et incurables, avant d’être proposé aux femmes de manière élargie. Enfin, il souligne l’étape la plus récente de cette expansion du DPN : l’arrivée du séquençage à haut débit de l’ADN à partir de cellules fœtales triées dans le sang de la mère qui rend le test possible avant la dixième semaine de grossesse.
 
Ce rappel chronologique fait, J-F. MATTEI pointe  » le risque (…) réel d’aller vers un diagnostic de masse avec sélection des enfants à naître en fonction de leur patrimoine génétique. » La science permet d’apprécier la qualité des gènes, sélectionnant les meilleurs et éliminant les moins bons.  » Cet emballement génétique témoigne de la dérive eugénique du DPN dès lors qu’il se pratique à l’échelle d’une population. Une forme d’eugénisme médical à visage humain et empreint de compassion. »
 
Pour l’ancien ministre, «  la recherche des prétendues conditions du bonheur et d’une qualité de vie meilleure, le tout nourri d’une vision individualiste et d’un grave contresens sur les déterminants de notre humanité «  est en cause.

Pour ce professeur d’éthique médicale, la question essentielle qui doit être posée est : «  La qualité d’une personne humaine dépend-elle de la qualité de ses gènes ? « 

<p> La Croix (Jean François Mattei) 01/07/2014</p>

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