Chine, les dérives de l’industrie des mères porteuses

Publié le : 12 août 2014
Récemment, plusieurs médias d’État en Chine ont révélé les dérives de l’industrie des mères porteuses. Elles résultent principalement de l’absence de réglementation en la matière et de l’héritage de la politique de l’enfant unique conduisant à des avortements sélectifs selon le sexe de l’enfant.

 

Ainsi, par exemple, le quotidien officiel Chutian Metropolis Daily, relate que de nombreux parents en mal d’enfants, stériles ou touchés par la disparition de leur unique enfant, entreprennent des démarches auprès d’agences spécialisées. Des journalistes du Chutian Daily ont enquêté pendant un mois sur ces agences installées à Wuhan, se faisant passer pour une mère porteuse et un client. Leur reportage a permis de révéler les tarifs pratiqués par ces firmes très lucratives. On y apprend que l’acquisition d’un bébé se négocie entre 380 000 et 2 millions de Yuans (entre 46 000 et 242 000 €). Les mères porteuses touchent en moyenne 140 000 yuans (17 000€) après la mise au monde d’un enfant. On y apprend aussi que ces entreprises achètent des ovules entre 20 000 et 30 000 Yuans (entre 2420 et 3600 €).

 

Durant leur enquête, les journalistes ont recueilli le témoignage d’un ancien responsable d’agence. Selon lui, chaque année la Chine compterait environ 5000 naissances issues d’une GPA dont 2000 rien que dans la ville de Wuhan.
Avec la politique de l’enfant unique, les couples chinois qui s’adressent aux agences spécialisées, exigent d’obtenir majoritairement un garçon. À cette fin, les agences travaillent en collaboration avec les hôpitaux pour identifier le sexe de l’enfant à naître et ce jusqu’au cinquantième jour de la grossesse. « Si le fœtus est une fille, la mère porteuse avortera et touchera 20 000 yuans (2420 €) en compensation » a déclaré Mme Huang, une mère porteuse en attente de l’identification du sexe du fœtus qu’elle porte.

 

Depuis 1994, l’échographie du sexe du fœtus est interdite en Chine. Cependant, l’avortement des fœtus féminins continue. Statistique à l’appui, l’agence officielle Xinhua, rapporte qu’à la naissance le rapport garçon-fille est de 116,9 pour 100. En comparaison, la moyenne mondiale est de 101 pour 100.
<p>Epochtimes.fr (Lu Chen) 10/08/14</p>

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