Chine : avortements forcés et liberté de parole

Publié le : 14 septembre 2010

Chen Guangcheng, un avocat aveugle chinois, emprisonné en 2006 pour avoir dénoncé les tortures infligées à la population par les autorités au nom de la "politique de l’enfant unique", a été libéré jeudi 9 septembre 2010 et placé en résidence surveillée.

Guangcheng était parvenu à réunir un dossier accablant contre les autorités locales de sa province et avait intenté une action devant un tribunal. Les documents et témoignages qu’il avait collectés révélaient que des avortements forcés étaient pratiqués, parfois jusqu’au 8° mois de la grossesse, par les cadres fonctionnaires afin d’atteindre les quotas imposés par la politique de l’enfant unique. Afin de démasquer les femmes "hors-quotas", ils n’hésitaient pas à prendre en otage leurs familles. De ces actions, dépendaient leur promotion et leur salaire.

Pour avoir dénoncé ces méthodes, Chen Guangcheng a été arrêté et condamné après un procès de trente minutes, sans témoins ou preuves. Son avocat avait été arrêté pour "vol de portefeuille" la veille du procès et n’a été relâché qu’après la condamnation. Enfermé pendant quatre ans et trois mois, il a été régulièrement battu dans sa prison et y a contracté plusieurs maladies chroniques. "La prison l’a diminué physiquement, mais ses convictions sont toujours les mêmes", ont affirmé certains de ses amis lors de sa libération.

 Le traitement réservé à Guangcheng par les autorités chinoises a été le début d’une vague de répressions contre un groupe d’avocats décidés à se servir des textes pour promouvoir un état de droits. Guangcheng a reçu en 2007 le prix Ramon Magsaysay, l’équivalent en Asie du prix Nobel de la paix.

Libération (Philippe Grangereau) 14/09/10

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