Chantal Delsol : la GPA reflet des contradictions des sociétés occidentales

Publié le : 7 août 2014

Dans une tribune accordée au Figaro, Chantal Delsol, philosophe, montre ce que l’affaire de la mère porteuse thaïlandaise qui a choisi de garder son enfant trisomique (Cf. Synthèse Gènéthique 4 août 2014) révèle des contradictions de notre société.

 

Revenant sur les faits de cette histoire, Chantal Delsol note que « le couple australien était un couple infertile comme tant d’autres, des parents d’intention de bonne volonté. […] Il s’agit donc du cas à la fois simple et pathétique pour lequel la GPA est le plus souvent légitimée. Or même dans ce cas précis apparaissent, à la lumière de l’évènement, les failles de cette pratique. »

 

Elle rappelle et affirme que « la maternité ne se résume pas à la fabrication d’un bébé dans un utérus inséminé par du sperme. Car un enfant n’est pas un produit, mais une personne. La personne ne se fabrique pas, elle se procrée ». Elle prend ainsi le contre pied de la déclaration de Pierre Berger (partisan de la GPA) qui avait suscité la polémique en comparant un ouvrier qui loue ses bras pour travailler à l’usine et la femme qui loue son ventre pour faire un enfant.

Et c’est ce que témoigne la protagoniste de l’affaire thaïlandaise. « La mère porteuse, une très jeune femme, pourtant déjà dotée de deux enfants, matériellement très pauvre, annonce au monde entier que la maternité n’est pas une affaire de fabrication. […] Cette jeune femme s’avère beaucoup plus sincère, beaucoup plus convaincante que tous ceux qui nous servent de grands discours sur la GPA. Pourquoi ? Parce qu’elle est la seule dans cette histoire à assumer jusqu’au bout l’importance de son acte. Puisqu’en accord avec sa religion elle ne s’autorise pas l’IVG, elle garde l’enfant qui n’est pourtant pas son propre projet et déclare qu’elle va l’élever en dépit des difficultés qu’on peut à peine imaginer. »

 

Finalement, Chantal Delsol estime que « nous sommes là aux antipodes de la consommation, du choix d’un produit sur Internet avec possibilité de changer d’avis en dernier recours (puisqu’on paye !). Cette affaire met en jeu les contradictions qui déchirent les sociétés occidentales écartelées entre la loi post-moderne du désir individuel (j’ai droit à tout, donc j’ai droit aussi à un enfant) et la culture enracinée et profonde de la responsabilité personnelle. […] Il est émouvant de constater qu’ici la personne qui nous rappelle à nos responsabilités devant l’enfant et devant l’œuvre de la maternité, c’est une jeune femme du presque tiers-monde, sans voix et sans pouvoir, qui ne parle pas au nom de sa culture mais au nom de la morale naturelle et universelle de l’humanité. »

<p>Le figaro (Chantal Delsol) 7/08/2014</p>

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