Changement de sexe : à 16 ans son avis contre celui de sa mère

Publié le : 14 septembre 2020

L’affaire fera jurisprudence en Australie. Le juge du tribunal des affaires familiales de Sydney a décidé que Thomas, 16 ans, serait autorisé à effectuer une « transition de genre », en dépit du refus de sa mère. Les parents de Thomas, divorcés depuis 2017, sont en désaccord sur la question : son père, soutenu par sa nouvelle compagne, encourage Thomas à devenir une fille ; sa mère s’y oppose catégoriquement, allant jusqu’au procès.

Thomas – dont le pseudo est Imogen pour le procès – et sa sœur Olivia ont assisté depuis l’enfance à « d’âpres disputes et des violences », ils ont été « profondément malheureux pendant plusieurs années ». Sa sœur a commencé à s’automutiler et à présenter des troubles du comportement. En 2018, un médecin a noté qu’ « Imogen présentait une maladie dépressive majeure associée à l’anxiété et à la panique » et le juge reconnait « qu’Imogen présente des difficultés de santé mentale coexistantes complexes et répandues ».

Avec l’aide de sa belle-mère, Thomas a déjà fait congeler son sperme l’année dernière et acheté des hormones féminisantes sur Internet.

Selon la loi australienne, un adolescent responsable peut initier un traitement hormonal de changement de sexe à partir de l’âge de 16 ans, sauf si l’un des parents s’y oppose. Dans ce cas précis, la mère a argué que son fils « était incapable de comprendre pleinement le traitement aux hormones sexuelles croisées » et « avait une confiance mal placée dans les effets positifs de la transition ». Elle estime qu’il n’est pas « Gillick compétent », la norme utilisée pour « déterminer si un enfant peut prendre des décisions juridiquement contraignantes ». La mère de Thomas est convaincue que les difficultés d’identité de son fils relèvent plutôt de la psychothérapie, et non d’un médicament. « Quelle que soit la façon dont on le considère, Imogen est un adolescent très perturbé. Un changement de sexe ne changera peut-être pas grand-chose à cela. »

Le juge du tribunal des affaires familiales de Sydney a donné raison à l’adolescent, laissant de côté les arguments de sa mère. Il va commencer à prendre son traitement hormonal de modification.

 

Source : BioEdge, Michael Cook (13/09/2020)

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