Cellules souches adultes et infarctus

Publié le : 7 décembre 2010

La presse rapporte les résultats positifs de l’étude BONAMI menée par le Pr. Patricia Lemarchand (Inserm-CHU de Nantes) et son équipe : celle-ci a consisté à injecter des cellules souches de la moelle osseuse à des patients ayant subi un infarctus du myocarde. Six CHU ont participé à cet essai de thérapie cellulaire qui a inclus 101 patient  âgés de 18 à 75 ans (moyenne d’âge de 55 ans) ayant fait un infarctus du myocarde grave. Prélevées sur les patients touchés, ces cellules souches autologues ont été injectées 9 jour après l’infarctus et ont montré une "bonne récupération du muscle cardiaque" permettant de "récupérer des territoires cardiaques initialement non viables".

Les patients étaient divisés en deux groupes. Tous étaient traités par angioplastie (insertion d’un ballonnet pour dilater l’endroit rétréci de l’artère) mais seule une moitié d’entre eux a reçu en plus une injection de leurs propres cellules souches de moelle osseuse directement dans l’artère coronaire. Trois mois après l’infarctus, on constate que "les patients ayant reçu le traitement […] ont eu une meilleure récupération de leur muscle cardiaque que ceux n’ayant pas bénéficié de ce traitement" explique le Pr. Lemarchand. L’étude a également permis de repérer les facteurs prédictifs de succès de cette thérapie, celle-ci n’étant pas efficace à 100% : le tabac a notamment un rôle néfaste. "Les fumeurs ont sans doute des cellules souches de moins bonne qualité. Le phénomène de réparation physiologique serait altéré".

Cette procédure consistant à injecter un concentré de cellules souches par voie néovasculaire diffère complètement des essais précédents du Pr. Philippe Ménasché, de l’hôpital européen Georges Pompidou. Ce dernier visait à traiter l’insuffisance cardiaque après un infarctus du myocarde et non un traitement de l’infarctus en phase aigüe. L’essai du Pr. Lemarchand est moins invasif et suit une autre finalité : non pas régénérer le myocarde mais aider la réparation cellulaire pour limiter les séquelles d’infarctus. "L’injection de cellules souches dans la coronaire malade a pour but de pallier une cicatrisation défaillante".

Dans un deuxième temps, le projet sera mené au niveau européen et incluera 1500 patients. De plus, en collaboration avec le Pr. Jérôme Roncalli du CHU de Toulouse, l’équipe du Pr. Lemarchand suit un autre projet, l’essai MESAMI, portant sur l’insuffisance cardiaque. Il vise des patients atteint d’insuffisance cardiaque chronique importante : il s’agit d’injecter directement dans le muscle cardiaque une sous-population de cellules souches de la moelle osseuse afin d’améliorer la fonction cardiaque.

Le Quotidien du Médecin (Dr. Irène Drogou) 07/12/10 - La Croix (Denis Sergent) 07/12/10 - Le Monde 04/12/10

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