Caritas in veritate : la bioéthique, un enjeu crucial du développement humain intégra

Publié le : 1 septembre 2009

L’encyclique Caritas in veritate, dans la tradition de la Doctrine Sociale de l’Église, nous invite d’emblée à prendre de la hauteur en proposant « l’amour dans la vérité » comme clef du développement humain intégral. Si ce document s’inscrit dans le prolongement de la doctrine constituée depuis Rerum novarumde Léon XIII (1891) avec Populorum progressio de Paul VI (1967), la constitution Gaudium et spes (1965) et Centesimus annus de Jean-Paul II (1991), et marque une insistance particulière sur l’apport dePopularum progressio, Benoit XVI, prenant acte des transformations du monde depuis plusieurs décennies, souhaite que le développement soit appréhendé aujourd’hui de façon multipolaire. Le développement vrai et intégral, fondé sur l’homme dans son intégrité est nécessaire, et des réalités aussi variées que la protection sociale, la protection des travailleurs, la culture, la lutte contre la faim, le respect de la vie, la liberté religieuse, y sont étroitement liées.

 

Du savoir à la sagesse

 

Les causes du sous-développement étant multiples, il invite à se libérer des idéologies pour examiner avec objectivité la dimension humaine des problèmes. Toutes les disciplines doivent collaborer et pour que le savoir devienne sagesse, il doit être guidé par l’intelligence de l’amour, car les exigences de l’amour ne contredisent pas celles de la raison, mais les prolongent. Les évaluations morales et la recherche scientifique notamment doivent croître ensemble. Le Pape rappelle que « l’élargissement de notre conception et de notre usage de la raison est indispensable » pour mener une réflexion nouvelle et approfondie et parvenir à une révision profonde et clairvoyante du modèle de développement. Il faut remarquer l’insistance avec laquelle au long des chapitres il appelle les hommes de bonne volonté à considérer que le progrès économique et technologique ne peuvent suffire à la promotion de l’homme et que « pour fonctionner correctement l’économie a besoin de l’éthique (…) d’une éthique amie de la personne » (n°45) qui ne saurait faire l’impasse sur la force morale et spirituelle de l’homme.

 

Un enjeu crucial

 

A plusieurs reprises et en des termes qui trahissent une réelle inquiétude, Benoit XVI évoque le respect de la vie « qui ne peut en aucun cas être disjoint des questions relatives au développement des peuples » (n°28). Les politiques de contrôle démographique « par les instances gouvernementales qui souvent diffusent la contraception et vont jusqu’à imposer l’avortement » dans les pays pauvres, et les législations contraires à la vie, privent les sociétés des motivations et des énergies nécessaires pour œuvrer au service du vrai bien de l’homme. « L’accueil de la vie trempe les énergies morales et nous rend capables de nous aider mutuellement« . « Considérer l’augmentation de la population comme la cause première du sous-développement est incorrect, même du point de vue économique » (n°44). Le respect des droits et des devoirs en matière démographique est primordial pour permettre le vrai développement des peuples et celui-ci est en danger quand les droits de l’homme sont mis en délibération devant une assemblée de citoyens (n°43). Enfin au terme de l’encyclique, le Pape rappelle que la bioéthique est « un domaine primordial et crucial » de l’affrontement entre la technique et la responsabilité morale de l’homme (n°74). « C’est le lieu ou émerge avec une force dramatique la question fondamentale de savoir si l’homme s’est produit lui-même ou s’il dépend de Dieu. » Devant la promotion des manipulations du vivant « on ne peut minimiser les scénarios inquiétants pour l’avenir de l’homme« . « A la plaie tragique et profonde de l’avortement, pourrait s’ajouter à l’avenir, et c’est déjà subrepticement in nuce (en germe), une planification eugénique systématique des naissances« . Or « prompts à se scandaliser pour des questions marginales, beaucoup semblent tolérer des injustices inouïes« . « Tandis que les pauvres du monde frappent aux portes de l’opulence, le monde riche risque de ne plus entendre les coups frappés à sa porte, sa conscience étant désormais incapable de reconnaitre l’humain« . « Face à ces problèmes dramatiques, la raison et la foi s’aident réciproquement. Ce n’est qu’ensemble qu’elles sauveront l’homme« .

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