Canada : l’aide à mourir toujours plus accessible

Publié le : 22 janvier 2020

Au Québec, le gouvernement Legault a annoncé mardi qu’une personne malade n’aurait plus besoin d’être en fin de vie pour avoir accès à l’aide médicale à mourir. La loi ne sera pas réécrite, simplement, le critère de « fin de vie » inscrit dans la loi sera rendu « inopérant » à compter du 12 mars. Le gouvernement a estimé que les 5 autres critères : majorité du patient, maladie grave ou incurable, grandes souffrances physiques ou psychologiques, déclin des capacités avancé ou irréversible, deux médecins requis pour attester « que la personne souffrante répond à tous les critères », étaient suffisants pour déterminer si la personne pouvait recourir à l’aide médicale à mourir.

 

Pourtant, déjà en l’état actuel, le Canada aide beaucoup de gens à mourir : 6 749 personnes ont reçu l’Aide médicale à mourir entre décembre 2015, date à laquelle la pratique est devenue légale au Québec, et octobre 2018, selon le dernier rapport de Santé Canada. Soit 1,1 % des décès. L’année dernière, au Québec, 1,9 % des décès, 1 331 au total, soit 32 % de plus que l’année précédente étaient imputables à l’aide médicale à mourir. Il y a de bonnes raisons  pour inviter à « une vigilance extrême ». En effet, l’année dernière, le ministère de la Santé du Québec a signalé 13 cas d’aides médicales à mourir qui ne répondaient pas aux critères, dont trois où la condition « grave et incurable » en question était une hanche cassée. Les rapports du CCA reconnaissent qu’il existe un « énorme danger moral ». Tous connaissent des personnes âgées qui désespèrent d’ « être un fardeau ».

 

Cependant, en parallèle, le gouvernement s’interroge que la possibilité d’élargir la loi québécoise sur l’aide à mourir notamment pour les personnes inaptes, atteintes de démence ou de la maladie d’Alzheimer. En effet aujourd’hui, la personne doit pouvoir donner son « consentement éclairé » jusqu’au moment de recevoir la mort. Une consultation d’experts et d’intervenants doit avoir lieu le 27 janvier prochain, elle sera suivie d’une consultation en ligne « pour la population en général ».

 

La députée péquiste Véronique Hivon qui est à l’origine de la loi s’interroge cependant à propos de malades de la maladie d’Alzheimer : « Comment on va juger si c’est tout à fait acceptable(…) Est-ce que, donc, une personne qui est apte par épisodes va pouvoir avoir accès à l’aide médicale à mourir ? » ou encore a propos des personnes jeunes : « Même chose pour des personnes jeunes qui viennent de subir, par exemple, un accident et qui deviennent quadraplégiques, tétraplégiques, est-ce que, donc, maintenant ça va être possible ? Est-ce que c’est le guide du Collège des médecins qui va venir mettre un encadrement supplémentaire ou il n’y aura pas d’encadrement supplémentaire ? Est-ce qu’on va assimiler ça à une maladie grave et incurable ? »

<p>Le devoir, Marco Bélair-Cirino (22/01/2020) - La Presse, Tommy Chouinard et Fanny Lévesque (21/01/2020) - National POst, Chis Selley (21/01/2020)</p>

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