« Boys Only »: un projet de recherche CRISPR pour ne produire que des bovins mâles

Publié le : 10 janvier 2018

Généticienne australienne, Alison Van Eenennaam travaille à l’université de Californie et est une ardente militante des OGM et des modifications génétiques utilisant CRISPR. Son travail porte sur le bétail. Elle a notamment contribué aux travaux de modification génétique des vaches laitières afin d’éliminer leurs cornes.

 

Dans un nouveau projet baptisé « Boys Only », son équipe est parvenue à ajouter le gène SRY à des cellules de peau bovines. Ce fragment d’ADN porté par le chromosome Y joue un rôle essentiel dans le développement des caractères mâles. Son objectif est de créer un taureau qui ne donnera naissance qu’à des descendants mâles, normaux ou porteurs de deux chromosomes X, mais aussi du gène SRY. Elle y voit l’avantage d’animaux qui produiront plus vite plus de viandes. Pour mener ses recherches, elle bénéficie d’un financement du département de l’Agriculture. Il a été accordé dans le but d’obtenir des moyens de stériliser les organismes génétiquement modifiés afin que leurs modifications génétiques ne se propagent pas aux parents sauvages. Une sorte de « confinement génétique », dénommée « technologie terminator » par la chercheuse. Sa prochaine étape est la modification génétique d’embryons bovins ; si elle n’y parvient pas, elle utilisera la technique de clonage avec les cellules de peaux bovines génétiquement modifiées.

 

Pour développer son activité, elle se heurte à la règlementation, car depuis janvier 2017, la FDA traite les animaux génétiquement modifiés « comme de nouveaux médicaments, exigeant des études de sécurité coûteuses et complexes ». Appuyées par un certain nombre d’entreprises, Alison Van Eenennaam tente de faire pression sur l’administration Trump pour alléger ces règles. Une décision qui pourrait intervenir rapidement, Donald Trump ayant annoncé cette semaine sa volonté de « rationaliser les réglementations qui ont bloqué la biotechnologie de pointe, libérant nos agriculteurs pour qu’ils puissent innover, prospérer et se développer».

<p>MIT technology review, Andrew Rosenblum (10/01/2018)</p>

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