« Biologie et homoparentalité »

Publié le : 26 octobre 2012

Dans le supplément Science et Techno du Monde, Laurent Alexandre, chirurgien urologue et président de DNA vision, précise que les "[homosexuels] revendiquent aujourd’hui plusieurs aménagements législatifs au nom de l’égalité", tels que le mariage, le droit à l’adoption, l’accès aux techniques de procréation médicalement assistée ou le recours aux mères porteuses. Partant de ce constat, le chirurgien urologue s’interroge : "accordera-t-on demain aux homosexuels le droit de se reproduire ?".

Laurent Alexandre précise que " pour l’instant, les gays français vont aux Etats-Unis ou en Asie, où un véritable marché de la fécondation in vitro et de la mère porteuse est organisé. Ils achètent sur internet un ovule sur mesure et louent un utérus pour neuf mois". Il ajoute que "les caractéristiques physiques des donneuses ainsi que leur quotient intellectuel sont particulièrement bien documentés sur ces sites" et que "les heureux parents reviennent avec un bébé et les autorités ferment les yeux". Cependant, précise Laurent Alexandre, "l’enfant n’est le fruit biologique que de l’un des deux parents […] : les lesbiennes utilisent le sperme d’un tiers et l’ovule et l’utérus d’une des deux conjointes ; les gays se servent du sperme d’un des deux garçons et de l’ovule d’une femme qui peut être la mère porteuse".
Ainsi, le chirurgien urologue attire l’attention sur "ces évolutions sociétales [qui] sont contestées par certains psychologues au motif, notamment, que l’adoption par les homosexuels risque de provoquer des troubles psychologiques chez les enfants à qui on impose une filiation impossible". A ce titre, le docteur Pierre Lévy-Soussan affirmait dans Le Point : "un couple homosexuel, ce ne sera jamais un engendrement crédible".

Poursuivant sur les potentialités de la biologie, Laurent Alexandre précise que "la technique des cellules souches iPS […] permet de fabriquer des spermatozoïdes et des ovules à partir de fibroblastes, des cellules que l’on trouve sous la peau", ajoutant qu’ "il est déjà possible de fabriquer un souriceau à partir de deux pères". Pour le chirurgien urologue, "le passage de ces techniques à l’espèce humaine est juste une question de temps". Il ajoute que "dans quelques décennies, les couples d’hommes pourront en outre bénéficier de l’utérus artificiel", citant à ce titre le biologiste et philosophe Henri Atlan pour qui "il n’y a guère de différence fondamentale entre une couveuse pour prématurés et l’utérus artificiel".

Laurent Alexandre conclut : "l’expérience montre que la vitesse de glissement du ‘défendu’ au ‘toléré’ puis au ‘permis’, voire à ‘l’obligatoire’, dépend essentiellement du rythme des découvertes scientifiques, quelles que soient les questions éthiques soulevées".

Lemonde.fr - supplément Science et Techno (Laurent Alexandre) 25/10/12

Partager cet article

Pour aller plus loin

Synthèse de presse

Chronique audio

Textes officiels

ressources

Fiches pratiques

Bibliographies

S'abonner aux lettres