Bilan bioéthique 2011 : une année contrastée

Publié le : 27 décembre 2011

Xavier Mirabel, cancérologue à Lille, et président de l’Alliance VITA dresse un bilan de l’année écoulée en matière de bioéthique. Pour lui le panorama est contrasté.

Tout d’abord, il revient sur la loi de bioéthique de 2011, et rappelle le temps et les débats qui ont été nécessaires à l’aboutissement de ce texte: "Depuis 2009, date théorique de la révision du texte, se sont succédés tergiversations et reports, puis auditions, états généraux, puis enfin débat parlementaire". Il décrypte deux logiques qui se sont affrontées alors:
– "La logique utilitariste", qui surfe "sur l’émotion suscitée par quelques situations particulièrement douloureuses, [et qui] réclame une large libéralisation des pratiques rendues possibles par les étonnants développements des techniques biomédicales".
– La logique éthique, qui "refuse de se laisser submerger par l’émotion" et qui "affirme que pour bâtir une politique sur ces questions il faut respecter les principes fondamentaux de l’éthique biomédicale, au premier rang desquels le respect de la vie, et de la dignité de la personne humaine".
Xavier Mirabel se réjouit de la capacité à débattre sur des arguments de fond qui s’est développée lors de la révision de la loi de bioéthique. Pour lui, la loi de bioéthique est un "texte sage", "sans doute exemplaire, si on le compare aux législations de nos voisins".

Ensuite, il rappelle la proposition de loi du 25 janvier 2011 tendant à légaliser l’euthanasie. Xavier Mirabel est soulagé que ce texte "mal ficelé" ait été "retoqué", car pour lui "le danger d’avoir l’euthanasie dans la loi était réel".
Cet été, l’affaire du Docteur Bonnemaison, qui a euthanasié ses patients aux urgence de l’hôpital de Bayonne relance le débat. Ces "faits désolants" révèlent "les doutes que nous cultivons sur notre capacité à accompagner".

Enfin, l’enseignement de la théorie du genre en classe de première, est la troisième actualité de l’année que le Docteur Mirabel souhaite souligner. cette théorie est probablement une "élucubration fumeuse" explique-t-il, "même si elle contient évidemment une part de vérité". En revanche il trouve certain que "cette théorie est utilisée à des fins politiques pour promouvoir la cause homosexuelle".
La colère des parents est selon lui légitime, car cette théorie "bouscule des repères essentiels à l’éducation". Il déplore que le ministre ait "botté en touche sur le sujet".

Le Docteur Xavier Mirabel conclut son intervention optimiste en introduisant l’année qui arrive: sur tous ces sujets "le débat n’est jamais définitivement clos, nous y reviendront donc l’année prochaine".

RCF (chronique de Xavier Mirabel) 27/12/11

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