Bientôt une « boite à bébés » à Bruxelles

Publié le : 25 septembre 2020

Une « boite à bébé » devrait être installée début octobre à Evere, dans la banlieue de Bruxelles. Les jeunes parents en détresse pourront y déposer leur enfant : « un code, indiqué sur le montant d’une fenêtre, permet d’ouvrir une trappe, dans laquelle se trouve un couffin. Le ou les parents peuvent alors y installer le bébé, et récupérer une enveloppe contenant des informations sur l’acte d’abandon. La trappe se referme ensuite et se verrouille définitivement. Un responsable est alors automatiquement averti, afin que ce dernier puisse à son tour prévenir un médecin. Après sa prise en charge à l’hôpital, l’enfant se retrouve placé en famille d’accueil ». Les parents disposent alors de trois mois pour changer d’avis et venir rechercher leur enfant.

Cette boite à bébé avait été installée une première fois en 2017, mais interdite le jour même par le bourgmestre Pierre Muylle. L’association à l’origine de cette initiative, l’ASLB Corvia, vient en aide aux femmes en situation de précarité. Elle était alors sur le point d’ouvrir un centre d’accueil pour nourrissons abandonnés. Après trois ans de procédure devant le Conseil d’Etat, elle a obtenu gain de cause. L’interdiction s’appuyait « sur des raisons de santé et de sécurité pour les bébés », ainsi que sur « l’incompatibilité du système avec l’interdiction pénale d’abandonner son enfant ». Le nouveau bourgmestre Ridouane Chahid est favorable au projet.

Une boite à bébé existe déjà à Anvers en Belgique depuis vingt ans. Le système est très répandu en Allemagne, avec une centaine de « Babyklappen » à travers le pays.

Si l’Institut Européen de Bioéthique reconnaît que ces boites peuvent « permettre à certaines femmes qui ne souhaitent pas garder leur enfant, d’éviter l’avortement », il rappelle néanmoins qu’elles posent plusieurs questions éthiques : « Comment s’assurer du consentement de la mère, si c’est son mari ou l’un de ses proches qui dépose le bébé dans la boîte ? Qu’en est-il du droit de l’enfant à connaître ses origines ? ». Une proposition intermédiaire – ni don à l’adoption ni accouchement clandestin suivi d’abandon – pourrait être « l’accouchement dans la discrétion » : une sorte accouchement sous X – interdit en Belgique – mais « avec la possibilité pour l’enfant, à partir d’un certain âge, d’avoir accès à l’identité de sa mère ». De telles propositions de lois ont été déposées en 2014. Elles n’ont, à ce jour, pas abouti.

Sources : Le Parisien (24/09/2020) ; Institut Européen de Bioéthique, C du Bus (23/09/20)

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