Bientôt du lait artificiel produit sans vaches ?

Publié le 21 Juin, 2024

L’épidémie de grippe aviaire touche les fermes laitières américaines et des travailleurs laitiers ont été atteints par le virus. Même si la FDA affirme que le lait commercialisé est sans danger car il est pasteurisé, ce contexte ravive l’intérêt pour les entreprises de biotechnologie qui cherchent à fabriquer les protéines du lait à partir de micro-organismes et de plantes pour remplacer les vaches (cf. Viande de synthèse : des cellules musculaires bovines capables de « se multiplier quasi indéfiniment »).

Les ingénieurs cherchent à « copier » deux protéines : la caséine, un polymère souple qui est la protéine la plus abondante dans le lait, et le lactosérum, un mélange nutritif d’acides aminés essentiels.

Une usine pour « remplacer 50 000 à 100 000 vaches » ?

Remilk, une startup israélienne fondée en 2019, a modifié la levure pour qu’elle produise de la bêta-lactoglobuline, le principal composant du lactosérum. Le cofondateur de l’entreprise, Ori Cohavi, affirme qu’une usine pourrait en théorie « remplacer 50 000 à 100 000 vaches » (cf. Du lait artificiel issu du génie génétique : la fin des vaches laitières ?).

« L’idée d’une vache debout dans un joli paysage verdoyant est très loin de la façon dont nous obtenons notre lait » indique le dirigeant qui souligne les problèmes environnementaux. « Il y a des centaines de millions de vaches laitières sur la planète qui produisent des gaz à effet de serre et utilisent beaucoup d’eau et de terres » explique-t-il. « Ce n’est pas la meilleure façon de produire de la nourriture », considère Ori Cohavi.

L’entreprise réalise des essais afin de fabriquer du fromage à tartiner, de la crème glacée et des boissons lactées avec des huiles végétales.

« Le soja ne transmet pas de maladies aux humains »

Des chercheurs de l’entreprise de biotechnologie Alpine Bio, basée à San Francisco et également connue sous le nom de Nobell Food, ont eux modifié du soja, la source de protéine la moins chère du marché, pour produire de la caséine en broyant les fèves. Même si elles ne sont pas encore autorisées à la vente, les graines sont déjà cultivées sur des parcelles d’essai approuvées par l’USDA dans le Midwest.

« Nous élevons 60 milliards d’animaux chaque année pour nous nourrir, et c’est insensé. Nous sommes allés trop loin » estime Magi Richani, PDG d’Alpine Bio. « Nous avons besoin d’options qui soient meilleures pour l’environnement, qui évitent l’utilisation d’antibiotiques et qui éliminent le risque de maladie » poursuit-elle. « Le soja ne transmet pas de maladies aux humains » relève la dirigeante qui estime que produire du lait sans vache empêcherait qu’un virus animal provoque une nouvelle pandémie.

Difficile de remplacer le lait de vache

Tout le monde reconnait toutefois que le lait de vache sera difficile à remplacer, car il occupe une place particulière dans les esprits. De plus, un certain nombre de personnes sont porteuses de mutations de l’ADN qui rendent le lait de vache plus facile à digérer.

Pour les entreprises de biotechnologie, le grand défi sera par ailleurs d’avoir des coûts de production suffisamment bas. Les laiteries bénéficient en effet de subventions gouvernementales, et elles ne produisent pas uniquement du lait, les vaches servant également à faire de la gélatine, de la viande et du cuir.

 

Source : MIT technology review, Antonio Regalado, (14/06/2024) – Photo : Pixabay

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