Bébé FIV : satisfait ou remboursé, forfait illimité, ou réductions, à chacun sa formule

Publié le : 16 octobre 2020

Payez trois cycles de FIV, vous serez remboursés si vous n’avez pas de bébé à la fin. Ou choisissez un forfait qui offre des cycles illimités pendant deux ans. Tout est possible. Au Royaume-Uni, les sociétés de financement de la FIV fleurissent de plus en plus. Avec un couple sur sept en situation d’infertilité, le marché est en « plein essor ».

Des parents désemparés et prêts à payer

Leila et Sam, par exemple, ont dépensé 25 000 £ pour quatre cycles de FIV pour leur petit garçon de bientôt un an. « Quand on veut désespérément être parent, on se fiche du prix que cela coûte, on est prêt à tout. Nous avons fait des emprunts et nous avons eu la chance que notre famille nous aide ». Les conditions de remboursement de la FIV par le service de santé britannique étant restreintes, de plus en plus de parents désemparés se tournent vers ces nouvelles entreprises spécialisées en financement de la FIV. Ces entreprises « n’existent que pour proposer des financements de FIV, un peu comme ceux que vous pourriez signer pour une voiture ».  Leila et Sam ont payé 12 500 £ pour les trois premiers cycles de FIV, avec la garantie étonnante qu’à la fin ils auraient « un bébé ou leur argent ». Ils ont finalement payé en plus un quatrième cycle, à 6 500 £. Ainsi que 6 000 £ supplémentaires de médicaments et procédures variées, qui ne sont pas pris en charge. Et encore, ils n’avaient souscrit à aucune option. « Si vous le faites, cela peut coûter une fortune », expliquent-ils.

Emma et James au contraire ont payé des sommes importantes pour ces « compléments » : « la colle spéciale pour aider l’embryon à s’implanter dans l’utérus coûte 180 £ à chaque fois. En outre, la congélation des ovocytes coûte entre 250 £ et 500 £ par an, selon la clinique. Nous avons même payé pour que nos ovocytes soient surveillés par des caméras 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, pour voir lequel a été fécondé en premier ». Ces cliniques « vous traitent comme une entreprise » et vous incitent toujours à continuer. « Tout bon sens s’envole par la fenêtre » déplore Emma.

Un couple sur dix dépense plus de 30 000 £

Une amie de Leila, elle, a choisi un forfait avec lequel elle avait droit à un nombre illimité de FIV pendant deux ans. Leila reste dubitative au sujet de ces types de forfaits : elle qui a subi quatre cycles en deux ans, se demande comment il serait possible d’en tolérer plus, aussi bien physiquement que psychiquement. Et malheureusement, ces FIV à répétition ne sont pas sans conséquences. Souvent, les contrats « placent la perspective d’un bébé au-dessus des considérations de santé de la mère ». 90 % des couples souffrent de dépression, et les offres telles que « FIV illimitées pendant deux ans » exercent « une énorme pression émotionnelle sur les couples ».

Au Royaume-Uni, 65 % des couples en situation d’infertilité se tournent vers les entreprises privées de financement, selon l’organisation Fertility Networks. L’entreprise Access Fertility, par exemple, se vante d’avoir financé 4000 bébés depuis 2015, et d’avoir remboursé 8 millions de livres sterling aux parents déçus. Une étude a révélé qu’en moyenne les couples dépensent 11 378 £, et qu’un couple sur dix dépense plus de 30 000 £. Avec ce « marché de plus en plus sophistiqué et florissant », les couples sont de plus en plus tentés d’engager des dépenses supérieures à leurs moyens.

Un business model rentable

Ces contrats sont très lucratifs pour les entreprises : les parents payent trois cycles, et sont remboursés s’ils n’ont pas de bébé à la fin. Mais s’ils ont la chance d’avoir un bébé du premier coup, « ils ont payé dans les faits 12 500 £ pour un seul cycle de FIV », ce qui est « bien supérieur à la moyenne d’environ 5 000 £ par cycle ». Les entreprises comptent sur « le bonheur et la fatigue des jeunes parents » pour ne pas s’en plaindre. Et comme leur business model est basé sur les couples qui ont rapidement un bébé, les entreprises refusent généralement de signer avec des parents dont la probabilité de réussite est faible. Ce rejet est d’autant plus « cruel » pour les couples infertiles.

Parmi l’ « éventail des offres ahurissantes » proposé aux couples en mal d’enfant, on trouve aussi des réductions de plusieurs milliers de livres sterling offertes à ceux qui acceptent de faire « don » de leurs gamètes. Ces « dons » ne sont pas anonymes, les enfants auront accès aux coordonnées des donneurs à partir de leurs 18 ans. Malgré cela beaucoup de parents se laissent tenter, attirés par une facture divisée par deux…

 

 

Source : Daily Mail, Jill Foster (14/10/2020)

 

Partager cet article

Synthèse de presse

Chronique audio

Textes officiels

ressources

Fiches pratiques

Bibliographies

S'abonner aux lettres