Axel Kahn: Trisomie et politique eugéniste en Suisse

Publié le : 9 décembre 2014

Axel Kahn, médecin, généticien et éthicien, est interrogé par le quotidien suisse Le Temps au sujet du diagnostic prénatal non-invasif de la trisomie 21, autorisé en Suisse depuis 2012. Deux fabricants ont déposé des requêtes auprès de l’Office fédéral de la santé publique afin que leurs tests soient remboursés par l’assurance de base. 

 

Axel Kahn reconnaît le « progrès » que constitue ce nouveau diagnostic, en ce qu’il « permet de limiter la pratique de l’amniocentèse aux femmes à risque élevé de porter un fœtus trisomique ». Ce test porte toutefois des problèmes éthiques : « Il peut être conduit systématiquement chez toutes les femmes enceintes. Il devient alors beaucoup plus aisé, avec ce type de test, de mettre en œuvre une politique publique d’éradication de la naissance des enfants ayant des malformations chromosomiques, autrement dit eugénique. »

 

Même si le remboursement du test par les organismes de sécurité sociale et de complémentaires santé est un « facilitateur supplémentaire » vers cet eugénisme ciblé, Axel Kahn, n’est pas favorable à une politique inégalitaire qui n’aiderait pas les femmes modestes à y recourir. Il constate qu’« à partir du moment où il existe une liberté d’interruption de grossesse », rien ne peut freiner la mise en place d’une politique publique eugénique. Cependant,s’il ne qualifie pas cette conséquence de « criminelle », il considère que cette orientation « a une signification sur la conscience collective ».

 

<p>Le Temps (Aurélie Coulon) 09/12/2014</p>

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