Avis de Jean Leonetti sur la recherche sur les cellules souches

Publié le : 22 février 2010

Interrogé par Les Echos, Jean Leonetti évoque les évolutions importantes qui se sont produites depuis six ans dans les recherches sur les cellules souches : le débat sur le clonage thérapeutique, très animé en 2004, est nettement retombé, les recherches sur les cellules souches embryonnaires – dont on attendait des retombées efficaces pour la thérapie cellulaire – "n’ont finalement pas été à la hauteur des espoirs formés à l’époque. Un certain nombre de développements cancéreux ont en effet été constatés, qui ont stoppé une partie des recherches". Il ajoute que "la découverte des cellules souches adultes fait disparaître un certain nombre de problématiques liées spécifiquement aux cellules souches embryonnaires, en particulier éthiques".

Jean Leonetti revient également sur les principales conclusions du rapport de la mission d’information sur la bioéthique remis le 20 janvier 2010 au gouvernement : celui-ci propose de "donner un caractère définitif aux dérogations" accordées au principe d’interdiction de la recherche sur les cellules souches embryonnaires, et de ne plus réviser la loi tous les cinq ans afin de briser "l’incertitude qui pèse sur les équipes de recherche, qui [dans la perspective d’une révision de la loi] ne sont pas assurées de pouvoir continuer leurs travaux en toute quiétude". Concernant la recherche sur l’embryon, il précise que la mission propose de ne plus la limiter à une "finalité thérapeutique" mais "de considérer à l’avenir toute finalité ‘médicale’, élargissant ainsi le spectre d’action laissé aux chercheurs".

Le choix de maintenir l’interdit avec dérogations et non d’opter pour une autorisation sous conditions se justifie selon lui par sa "cohérence avec le reste du droit français qui, traditionnellement, pose des interdits, au besoin aménagés de dérogations". Il s’appuie sur l’exemple de la loi Veil qui prévoit la garantie du "respect de tout être humain dès le commencement de sa vie" avant de poser un régime d’exception autorisant à porter atteinte à ce principe "en cas de nécessité et selon les conditions définies par la loi". Pour le rapporteur, la loi a "voulu conserver un aspect symbolique fort" avec le maintien de l’interdit, et "même si la loi de 2004 est laïque, elle n’en conserve pas moins une vision spirituelle de l’existence".

Jean Leonetti conclut qu’il n’y a pas de raison que le projet de loi qui sera présenté par le gouvernement soit très différent du rapport de la mission d’information puisque "Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé, semble être en accord avec les conclusions de la mission". C’est au printemps que le projet de loi devrait arriver au Parlement.

Les Echos (propos recueillis par Marianne Bliman) 17/02/10

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