Au nom de la dignité : défendre ou refuser l’euthanasie ?

Publié le : 7 avril 2015

Dans une tribune, Thibaud Collin revient sur la notion de dignité, un argument avancé tant par les détracteurs que par les partisans de l’euthanasie mais dans des sens bien différents. Et l’auteur pose la question : « Qui est dépositaire de la dignité et surtout à quel titre ? Est-ce l’individu en tant qu’il est libre de faire ce qu’il veut de lui-même ? Ou bien est-ce l’individu en tant qu’il est doué d’une nature humaine qu’il reçoit et dont il n’est pas la mesure ? »

 

Ceux qui veulent promouvoir l’euthanasie estime que la personne est seule légitime à disposer de son corps. « La mesure de la dignité est ici le regard que l’être humain porte sur lui-même, regard rendant légitime certaines pratiques du moment qu’elles sont vues comme l’expression de la liberté individuelle. Cette compréhension de la dignité est au cœur des lois bioéthiques depuis les années 1990 ».

 

Pour restaurer le véritable sens de ce terme, Thibaud Collin rappelle que le Conseil d’Etat avait interdit en 1995, à un nain-cascadeur d’être lancé dans les fêtes foraines, jugeant qu’il s’agissait d’une « une activité portant ‘atteinte au respect de la dignité de la personne humaine’ ». Ils ont estimé que la personne était réduite à un objet manipulable, que cette activité conduisait à une « dévalorisation du nanisme » qui « portait atteinte à toutes les personnes ayant ce handicap ».

 

Ainsi certains comportements « libres ou subis » peuvent être jugés comme indignes parce que « la dignité n’est (…) pas mesurée par ma conscience souveraine ; elle est bien au contraire ce qui vient mesurer le rapport que j’entretiens avec moi-même. Entre moi et moi-même, entre mes actes et moi, il y a ma nature, connaissable en vérité, puisque je suis donné à moi-même en tant qu’être humain et non pas en tant que ‘n’importe quoi’ ». Et il conclut en citant Béatrice Decossas : « Ce n’est pas à la liberté de l’homme de porter le poids de sa dignité, c’est bien plutôt la dignité de son être qui le porte et le rend capable d’assumer ce qu’il est dans son être. » « Le statut de la personne ne dépend pas de l’acceptation ou du refus de la vocation qui la définit ».

<p>Blog La Croix 04/04/2014</p>

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