« Assistance médicalisée pour mourir »: l’Académie de médecine réaffirme son opposition

Publié le : 17 décembre 2012

 Alors que la mission de réflexion sur la fin de vie s’apprête à remettre son rapport au président de la République, ce mardi, l’Académie de médecine vient de remettre sa contribution sur cette même problématique, au professeur Didier Sicard. 
Pour l’Académie, « même si le ‘mot’ [euthanasie] n’a ‘pas été prononcé et ne figure dans aucun document officiel concernant la mission’, le lancement d’une telle réflexion publique, objet de l’engagement électoral n°21 du président de la République, ‘relance le débat’ sur l’euthanasie « . Ainsi, les membres de l’Académie mentionnent que la proposition de loi relative à l’assistance médicalisée pour mourir déposée au Sénat par un ensemble de parlementaires vise « non seulement […] à introduire un droit à bénéficier d’une assistance médicalisée à mourir pour toute personne malade, mais aussi pour toute personne capable, en phase avancée ou terminale d’une affection reconnue grave et incurable […] [ainsi qu’] à toute personne placée du fait de son état de santé, dans un état de dépendance qu’elle estime incompatible avec sa dignité« .
Mais pour l’Académie, « l’assistance médicalisée pour mourir, quelles que soient les mesures d’encadrement règlementaires qui lui seraient associées, ouvrirait la porte à la dépénalisation de toutes les formes d’euthanasie, à commencer par celle des personnes les plus vulnérables« . Ainsi, l’Académie, qui réaffirme son opposition à « l’assistance médicalisée pour mourir » (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 15/10/12), estime ici de son devoir de « dénoncer avec fermeté la menace d’une grave dérive de notre société qui pourrait en résulter« .

A propos de la loi Léonetti, l’Académie estime qu’elle « permet aux médecins, en toutes circonstances, de répondre aux situations difficiles de fins de vie, que dénoncent les partisans d’une ‘euthanasie active’ « . Il faut donc « absolument se garder de revenir sur (cette loi) votée… à l’unanimité par le Parlement » précise-t-elle. Enfin, elle se dit  » ‘préoccupée par la trop fréquente méconnaissance’ de la loi par le public mais aussi ‘fait plus regrettable encore, par un grand nombre de médecins et de personnels soignants et sociaux’ « . Ses modalités d’applications « doivent être ‘mieux appliquées et comprises’ « . 

Par conséquent, pour l’Académie, « donner la mort est incompatible avec le serment que le médecin a prêté le jour de sa thèse« ; « aucun médecin ne saurait consentir à donner la mort« . 

<p> Le Quotidien du Médecin (Dr Lydia Archimède) 14/12/12</p>

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